La prise de distance calculée avec le président, dont il fut le protégé, illustre les ambitions de Gabriel Attal pour lui succéder à l’Élysée, tout en préservant le soutien à Macron à l’étranger, où il espère que la voix française demeure influente face à des défis comme ceux posés par Donald Trump ou par le conflit en Ukraine.
À 36 ans, Gabriel Attal trépigne d’impatience de tourner la page du budget 2026, qu’il qualifie de « spectacle lamentable » sans cap clair, fruit de la dissolution de 2024. Devant ses députés, il a déclaré que le 49.3 sur un « budget subi » entérinait « la fin du quinquennat », se projetant déjà dans l’après-Macron.
Rompant les liens avec l’Élysée depuis Matignon, à l’instar de nombreux anciens macronistes, il accélère sa campagne : un événement « apartisan » au Palais Brongniart le 27 janvier, baptisé « La Nuit de la nouvelle République », réunit syndicats, patrons et société civile pour débattre de thèmes clivants comme « Faut-il tout faire péter pour refonder la France ? ».
Une candidature en gestation
Il prévoit également un livre au printemps, des conventions thématiques sur l’éducation et la santé et des déplacements pour asseoir sa stature : Attal vise ainsi à rejouer le miracle de 2017, en misant sur une apparente fermeté en matière de sécurité et d’immigration tout en restant progressiste sur les mœurs, amorçant un virage à gauche du parti Renaissance.
Il revendique un « pragmatisme » ferme, refusant le « en même temps » sur le régalien, et assume des positions tranchées, comme sur l’interdiction du voile aux mineures ou en faveur de la GPA. Pourtant, les doutes fusent dans son camp. Critiqué pour opportunisme et « coups de com’ », il peine à unifier le bloc central, concurrencé par Édouard Philippe, qui le devance encore dans les sondages. Sa stratégie de rupture avec Emmanuel Macron, dont il fut le dauphin, est proche de celle de son principal concurrent, qui se montre aussi très critique à l’endroit du chef de l’État.
À l’international, Gabriel Attal soutient Emmanuel Macron, affirmant que les attaques de Donald Trump prouveraient que « la France a une parole qui est entendue ».
Persuadé d’une attente de radicalité, Gabriel Attal tente de tracer sa voie vers 2027 et une possible primaire au centre.