Ce scrutin municipal à Pau représente un enjeu crucial pour François Bayrou qui mise sur sa réélection pour rebondir après un passage chaotique à Matignon. L’ancien chef du gouvernement, âgé de 74 ans, affronte six adversaires déclarés, dont Jérôme Marbot pour l’union de la gauche (sans LFI), dans une ville qu’il dirige depuis 2014.
Un bilan vanté, des critiques persistantes
Lors de sa conférence de presse au stade du Hameau, Bayrou a mis en avant ses « réussites » en matière de sécurité, avec l’armement de la police municipale et l’installation de plus de 250 caméras de « vidéoprotection ». « Quand vous avez prouvé pendant douze ans que vous respectez intégralement, et bien au-delà, les engagements que vous avez pris, alors ça veut dire que vous respecterez les engagements que vous prendrez », a-t-il déclaré, insistant sur l’attractivité démographique de Pau et les succès sportifs de la Section Paloise.
Sur les ondes de la radio Ici Béarn Bigorre, il a résolument tenté de dissocier son bilan national et local affirmant : « Nos concitoyens font la différence entre la politique et la ville ».
Pourtant, son mandat a été entaché par le scandale des violences au collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram, ainsi que par l’affaire des assistants parlementaires du MoDem qui traîne depuis plusieurs années, pour laquelle un nouveau procès est en appel. Les oppositions locales reprochent par ailleurs à l’ancien Premier ministre d’avoir cumulé des fonctions nationales : haut-commissaire au Plan de 2020 à 2025, puis Premier ministre jusqu’à sa chute en septembre 2025 après un vote de défiance au détriment d’un « maire à plein temps ».
Face à lui, la gauche espère reconquérir l’Hôtel de ville, tenu par le PS de 1971 à 2014 mais le candidat d’union socialiste, écologiste et communiste doit composer avec une candidature LFI. Les gauches pourraient néanmoins se coaliser au second tour pour faire tomber l’ancien chef de gouvernement très décrié comme l’illustre le message du compte très suivi de Marcel Aiphan sur X : « Pau mérite mieux que ça », évoquant l’affaire Bétharram et appelant à un changement.
À l’instar de François Bayrou, d’autres figures de premier plan jouent leur survie lors de ces scrutins municipaux à l’image d’Édouard Philippe, au Havre, conditionnant sa course à l’Élysée à sa réélection.
Pour Bayrou, une défaite signerait aussi la fin de ses ambitions nationales dans un contexte où les chefs de parti comme Fabien Roussel pour le PCF à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) et Nicolas Dupont-Aignan pour Debout La France à Yerres, se trouvent dans une situation identique à près d'un an de l'élection présidentielle.