France

Pénurie de psychotropes en France : des milliers de patients en danger

En France, la pénurie persistante de médicaments psychotropes met en péril la santé de milliers de patients souffrant de troubles mentaux graves. Antidépresseurs, antipsychotiques et psychostimulants manquent cruellement, forçant des interruptions de traitements potentiellement dramatiques.

La crise des approvisionnements en psychotropes continue d’inquiéter en France, exposant des patients vulnérables à des risques accrus de rechutes et de complications. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) évoque néanmoins une amélioration fragile face à un phénomène qui se répète épisodiquement en France.

Une amélioration timide et incertaine dans une crise qui dure

Depuis 2019, aggravée par la pandémie de 2020, la pénurie de psychotropes s’est installée en France, touchant des traitements essentiels comme la quétiapine, la chlorpromazine, le lithium ou la venlafaxine. L’ANSM observe une reconstitution progressive des stocks à fin 2025 et début 2026, avec des livraisons honorées par les laboratoires.

Par exemple, les dosages de quétiapine à 50 mg et 300 mg LP redeviennent disponibles, soulageant pharmacies et patients. De même, la venlafaxine, un antidépresseur clé, voit ses tensions s’apaiser grâce à des importations. Pourtant, cette embellie reste précaire. Le dosage de 400 mg de quétiapine demeure limité, avec un retour à la normale espéré d’ici à mi-2026.

La chlorpromazine orale (Largactil®) devrait arriver en officine sous trois à quatre semaines, tandis que les injectables comme la rispéridone couvrent désormais les besoins. Pour le méthylphénidate, utilisé contre le TDAH, les remises en stock sont en cours, mais la visibilité au-delà de mars 2026 est faible.

Les causes structurelles persistent : production délocalisée en dépit des annonces de relocalisation d’Emmanuel Macron, dépendance à des sites étrangers, hausse des besoins en santé mentale post-Covid notamment chez les jeunes, et médicaments anciens peu rentables. L’ANSM a multiplié les signalements de ruptures, multipliés par dix en dix ans, particulièrement pour les traitements du système nerveux. La tendance pourrait se poursuivre avec la vente annoncée de l’entreprise du médicament générique Biogaran à un fonds britannique.

Sur les réseaux sociaux, la lassitude est palpable et des usagers déplorent une crise du secteur de la santé qui s’inscrit dans le temps long : « Et oui ! Il y a des pénuries d’antiépileptiques, ça fait plus de 10 ans. »

En Tunisie, une crise similaire frappe, avec des pharmacies épuisant des stocks anciens pour des médicaments contre la thyroïde, les troubles bipolaires ou le cancer, comme l’a alerté le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.

Sans alternatives, des milliers de vies sont menacées, révélant des failles globales dans les chaînes d’approvisionnement. Les autorités françaises disent maintenir une vigilance accrue, avec des mesures comme la dispensation à l’unité, mais sans investissements durables, cette pénurie chronique risque de perdurer, fragilisant un système de santé déjà sous tension.