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Réforme de la Constitution en Guinée-Bissau : le président Horta Inta-A Na Man prend les commandes de l’exécutif

La Guinée-Bissau a adopté une importante réforme constitutionnelle, accordant au président de la République le droit de diriger le Conseil des ministres et le gouvernement. En plaçant le Premier ministre sous l'autorité directe du chef de l'État, ce texte modernisé garantit la stabilité tout en conservant un système semi-présidentiel.

Le Conseil national de transition de Guinée-Bissau a approuvé le 13 janvier un projet d'amendement à la Constitution du pays, a rapporté APA News, citant le porte-parole de l'institution. La réforme prévoit notamment le renforcement des pouvoirs du président de la République, Horta Inta-A Na Man, en le nommant chef du gouvernement et du Conseil des ministres, tout en lui conservant son statut de chef de l'État.

Le dirigeant de la Guinée-Bissau est désormais habilité à coordonner et à diriger les actions du Premier ministre, qui est sous ses ordres. Il conserve également le contrôle principal du gouvernement, ayant le droit de nommer et de révoquer le Premier ministre après consultation des partis à l'Assemblée nationale. Le chef de l'État conserve aussi le droit de dissoudre l'Assemblée, qui, à son tour, conserve ses pouvoirs législatifs et de contrôle, y compris l'approbation du programme gouvernemental et l'audition obligatoire des ministres.

Le texte révisé maintient néanmoins un système semi-présidentiel bilatéral. Le gouvernement conserve ainsi une double responsabilité politique devant le président de la République et le Parlement, qui dispose toujours de mécanismes de contrôle tels que la motion de censure. Le porte-parole du Conseil national de transition a souligné que l'objectif de la révision de la Constitution était de réduire les expressions idéologiques révolutionnaires, faisant ainsi de la Constitution « celle de tous les Guinéens et non d'un parti politique particulier ».

Cette modification constitutionnelle intervient 30 ans après la dernière réforme de ce type. Au total, depuis son adoption en 1973, la Constitution a subi trois modifications : en 1984, 1991 et 1995. La réforme de la loi fondamentale de la République a été adoptée alors que le pays était dirigé par un commandement militaire ayant pris les rênes du pouvoir après le coup d'État du 27 novembre dernier.