France

Inflation, hausse des taux d'intérêts en France : le nombre de prêts immobiliers accordés s’effondre

Selon l’observatoire Crédit Logement CSA, le nombre de prêts immobiliers accordés a été divisé par deux entre juillet 2022 et 2023. L’inflation et la hausse des taux d’intérêt participent de ce recul et inquiètent le secteur.

Le taux moyen d’un crédit immobilier s’est situé à 3,61% en juillet 2023, contre 2,35% sept mois plus tôt en décembre 2022. Un effondrement spectaculaire qui plombe le marché de l’immobilier et pourrait participer d’une augmentation des prix des loyers.

Des chiffres alarmants

Avec taux moyen qui chute de 3,45% à 3,61% entre juin et juillet 2023 et un nombre de prêts accordés divisé par deux en un an, le secteur immobilier tire la langue et peut craindre une rentrée difficile.

Les chiffres avancés par l’observatoire Crédit Logement CSA évoquent en outre un taux moyen qui a augmenté de 126 points de base depuis le début de l’année, ce qui revient à une hausse moyenne mensuelle de 18 points. L’évolution du taux d’intérêt a une conséquence directe sur la capacité d’achat : l’observatoire Crédit Logement souligne ainsi qu’un ménage «qui pouvait emprunter 100 000 euros fin 2021 ne peut plus emprunter que 72 500 euros en juillet 2023». La capacité d’emprunt est ainsi amputée d’un quart.

Un contexte global peu porteur

Si le gouvernement vante des chiffres du chômage envisagés à la baisse, à 7,1% au printemps, le contexte économique est cependant à l’inflation. La hausse généralisée des prix touche ainsi largement les produits de première nécessité et tout particulièrement le secteur alimentaire. L’immobilier, lui, arrive à rebours et la stagnation des prix affichés devrait laisser la place à une baisse des prix, selon le réseau Century 21 qui a déjà constater un infléchissement de 2,1% au premier trimestre. Plus audacieuse est la prévision du think tank progressiste Terra Nova qui table sur une chute de 20% pour l'année 2023. Une baisse qui ne pourra pas compenser l’explosion des taux d’emprunt pour les acheteurs.

Conséquemment au ralentissement du marché, le nombre de logements disponibles à la location diminue, ce qui provoque une hausse des prix locatifs, comme l'affirmait l'éditorialiste Pierre Kupferman sur BFMTV, déjà en avril. La tendance devrait d’ailleurs s’accentuer avec une année 2023 en berne en nombre de transactions. La Fédération nationale de l’immobilier estime ainsi que l’année 2023 devrait repasser sous la barre du million de transactions, pour atteindre environ 950 000 sur l’année, soit un recul de 15% sur un an et 150 000 transactions de moins qu’en 2022.

Le ralentissement du volume de transactions immobilières que connaît la France pour l’exercice 2023 est le deuxième plus fort des 50 dernières années. Le cabinet d’études Altares a recensé 389 agences immobilières en faillite depuis le début de l’année, contre 192 il y a un an à la même période.