Economie

Les PME proposent un plan de déconfinement contre «la disparition de très nombreuses entreprises»

La CPME a rédigé des propositions «pour réussir le déconfinement ». Elle demande la création d’un service public d'équipements de protection individuelle et l’annulation des cotisations sociales pendant le confinement imposé par l’Etat.

Dans un document publié sur son site, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande que «les coûts directs liés à la mise en œuvre des mesures sanitaires» soient déductibles pour les entreprises qui auront déjà à subir «d'inévitables pertes d'exploitation, du fait, par exemple, qu'un magasin accueillera moitié moins de clients». 

Sans attendre le plan de déconfinement que doit présenter le gouvernement dans la semaine à venir, l'organisation patronale appelle de ses vœux la mise en place «d'un service public payant de distribution d'équipements de protection individuelle», comme ce qui se pratique en Pologne avec les distributeurs de masques, de gel et de gants.

Pour faciliter la reprise du travail, la CPME préconise une notion de «foyer étendu» pour les salariés d'une même équipe, ce qui permettrait «d'alléger les contraintes sanitaires sur demande des salariés».

Un «calendrier du retour à la normale» dans les transports collectifs est également demandé par le document qui estime que pour les écoles «une réouverture sur la base du volontariat entraînerait une forme de confusion contraire à un processus de reprise d'activité cohérent». On comprend que la CPME plaide pour un retour obligatoire dès le 11 mai car, selon elle, la base du volontariat maintiendrait en chômage partiel «les parents de jeunes enfants refusant de leur faire reprendre l’école et dans l’impossibilité de les faire garder».

Pour prévenir «la disparition de très nombreuses entreprises», la CPME se prononce pour «des reprises d'activité progressives dans tous les secteurs» après le 11 mai, y compris les hôtels, cafés et restaurants, ou encore les marchés de plein air et les clubs de fitness, à condition pour ces derniers de «limiter la fréquentation à un adhérent pour 5 mètres carrés».

Relance des marchés publics

Sur le plan financier, la CPME est pour le maintien de l'ensemble des dispositifs de soutien aux entreprises et notamment l'accès au chômage partiel, pour l'instant limité à une période de trois mois, et voudrait «annuler purement et simplement les charges sociales pour toutes les entreprises appartenant à des secteurs fermés sur décision administrative».

Enfin, l’organisation représentant les PME demande à l’Etat de relancer les marchés publics et de relever à 100 000 euros contre 40 000 actuellement le montant des commandes d’Etat pouvant être passées sans appel d’offres.

Le gouvernement avait déjà annoncé mi-avril l'annulation de 750 millions d'euros de charges fiscales et sociales déjà reportées pour les entreprises des secteurs de l'hôtellerie, de la restauration et des arts et spectacles.