Economie

Éric Lombard appelle au «patriotisme» des entreprises face aux droits de douane de Trump

En pleine guerre commerciale déclenchée par les nouveaux droits de douane américains, Éric Lombard, ministre de l’Économie, a lancé un appel au «patriotisme» des entreprises françaises, pour contrer les ambitions de Donald Trump.

Alors que les Bourses mondiales vacillent sous le choc des annonces de Donald Trump, le ministre français de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, a pris la parole sur BFMTV/RMC le 4 avril pour exhorter les entreprises françaises à faire preuve de «patriotisme».

Face aux droits de douane massifs imposés par les États-Unis : 10% sur toutes les importations, 20% pour l’Union européenne et jusqu’à 34% pour la Chine, il estime : «il est clair que si une grande entreprise française acceptait de s'engager à ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains», soulignant l’enjeu stratégique de cette offensive commerciale.

«Les États-Unis veulent siphonner l'économie du monde à leur profit» 

 «Nous ne devons pas nous laisser faire», a martelé Éric Lombard, reprenant une ligne déjà esquissée par Emmanuel Macron, qui, la veille, avait appelé les entreprises à suspendre leurs investissements outre-Atlantique. Pour le ministre, cet appel au patriotisme économique s’inscrit dans une logique de résistance nationale et européenne face à une stratégie américaine jugée agressive et qui vise à «siphonner l’économie du monde à [son] profit».

L’annonce de Donald Trump, faite le 2 avril  lors de son «Jour de la libération», vise à réindustrialiser les États-Unis en forçant les entreprises étrangères à y relocaliser leur production pour échapper aux taxes.

Une riposte européenne en gestation

Éric Lombard n’a pas seulement mobilisé le symbole du patriotisme. Il a aussi esquissé les contours d’une contre-attaque européenne, qui pourrait dépasser le simple cadre des droits de douane. «La riposte peut être très vigoureuse», a-t-il prévenu, en évoquant des leviers comme les normes, les échanges de données ou les outils fiscaux. «On va riposter sur un ensemble de produits sur lequel on ne risque pas de désorganiser les chaînes de valeur en Europe», a-t-il détaillé, insistant sur une réponse proportionnée mais intelligente. Selon lui, calquer la méthode américaine – taxer massivement – risquerait d’entraîner inflation et ralentissement économique sur le Vieux Continent.

Cette stratégie graduée vise à ramener Washington à la table des négociations. «Donald Trump est un négociateur. Il a mis sur la table une proposition agressive, nous allons y répondre», a affirmé le ministre, confiant dans la puissance de l’économie européenne pour peser dans ce bras de fer. Dès lundi, des réunions européennes doivent débuter pour affiner cette riposte, alors que les marchés financiers, de Paris (-0,86%) à Tokyo (-2,75%), accusent le coup.

Au-delà de la confrontation internationale, Éric Lombard a tenu à rassurer sur le front intérieur. Interrogé sur l’impact économique de cette crise, il a exclu toute austérité immédiate. «Les dépenses annoncées seront tenues. Même si la situation devait se dégrader, on ne va pas demander un effort supplémentaire», a-t-il assuré, mettant en avant la nécessité de «protéger les Français et les Françaises». Toutefois, il a reconnu qu’une chute brutale de la production pourrait aggraver le déficit de manière «transitoire».