Economie

Les prix du gaz s’envolent à 15 fois la moyenne de la saison estivale

Les tarifs du gaz ont encore augmenté de plus de 5% le 23 août pour friser 300 euros le mégawatheure, près de 15 fois le prix moyen en été. Cette hausse et les craintes pour l’approvisionnement hivernal ont fait plonger l’euro sous le dollar.

Le prix du gaz naturel a augmenté, dans la matinée du 23 août, de 5,2% pour atteindre 291 euros par mégawattheure. Cette nouvelle augmentation survient le lendemain d'un pic record à 295 euros par mégawattheure sur le marché à terme néerlandais, la référence en Europe, avant de clore la séance à 280,235 euros.

Les prix sont désormais environ 15 fois plus élevés que la moyenne pour cette période de l'année. Les récentes augmentations sont en partie liées à l’annonce, la semaine dernière, par le géant gazier russe Gazprom d’une interruption de l'approvisionnement via Nord Stream 1 pendant trois jours à partir du 31 août, pour des travaux de maintenance.

Ludwig Möhring, directeur de l'Association des producteurs allemands de pétrole, gaz et de la géothermie (BVEG) cité par l’agence de presse Belga explique qu’«en soi, une brève fermeture du gazoduc ne ferait pas une grande différence», mais il avance aussi que cette nouvelle met en lumière deux risques : que la Russie «prétende à tort» qu'elle ne peut pas rouvrir le gazoduc en raison d’un nouveau problème technique, ou qu'elle ferme ses autres gazoducs approvisionnant l'Europe.

Depuis des semaines, Gazprom n’envoie déjà qu'environ un cinquième de sa capacité maximale de gaz via Nord Stream1. Les responsables politiques européens affirment que la baisse des livraisons est une réponse aux sanctions européennes contre la Russie pour son opération militaire en Ukraine.

Pour rappel, l'entreprise russe avait déjà alerté début août sur le fait que les sanctions occidentales perturberaient le bon fonctionnement du gazoduc Nord Stream 1, alors que c'est à travers celui-ci qu'est actuellement acheminé le gaz russe en Europe, tandis que Nord Stream 2 a vu son autorisation de fonctionnement suspendue avant le lancement de l'opération militaire russe en Ukraine.

«Cinq à dix hivers» difficiles

Au cours du week-end, des responsables politiques allemands ont mis en garde contre des difficultés d'approvisionnement en gaz et le gouvernement allemand table désormais une baisse de 20% de la consommation. Le 22 août, le Premier ministre belge Alexander De Croo a également lancé un avertissement :  selon lui, les mois à venir seront difficiles, mais aussi «les cinq à dix prochains hivers».

Le 16 août Gazprom PJSC avait, dans un communiqué cité par Belga, estimé que si la tendance actuelle se poursuivait, les prix pourraient grimper jusqu'à l'équivalent d'environ 347 euros par mégawattheure. Il prédisait aussi que les prix du gaz en Europe pourraient augmenter de 60% pour dépasser 4 000 dollars (3 946,94 euros) pour 1 000 mètres cubes cet hiver.

Parallèlement, l'euro s'est s'enfoncé au début de la semaine sous le seuil de la parité avec le dollar, à un niveau plus vu depuis l'année de sa mise en circulation. La monnaie de la zone euro perdait 0,91% vers 16h35 GMT à 0,9947 dollar.