Economie

Craignant une pénurie de gaz, la Bulgarie sollicite de nouveau Gazprom

Sofia veut changer de braquet après l'éviction du précédent Premier ministre qui avait précipité la fin des livraisons de gaz russe en avril en refusant de payer la facture en roubles. L'hiver qui approche suscite des inquiétudes dans le pays.

La Bulgarie, qui ne bénéficie plus des livraisons de gaz russe depuis fin avril, s'est dite prête le 22 août à reprendre les négociations avec le géant Gazprom par crainte de pénurie cet hiver. Ce pays des Balkans, jusqu'alors très dépendant énergétiquement de Moscou, avait refusé de payer en roubles et multiplié les initiatives pour diversifier ses sources d'approvisionnement.

Or le Premier ministre libéral pro-européen Kiril Petkov a été renversé en juin par une motion de censure et le cabinet intérimaire mis en place dans la foulée a appelé à «davantage de modération» vis-à-vis de la Russie, dont la Bulgarie est historiquement proche.

«Négociations inévitables» selon le ministre bulgare de l'Energie

«Des négociations avec Gazprom Export pour reprendre les livraisons du contrat actuel [qui se termine fin décembre] sont désormais inévitables», a déclaré le ministre de l'Energie Rossen Hristov lors d'une conférence de presse. Il s'agit de la seule solution pour obtenir un tarif acceptable pour les entreprises, a-t-il expliqué, après avoir convoqué patronat et syndicats pour appuyer ce changement de stratégie.

«Les négociations avec Gazprom seront difficiles», a toutefois prévenu le responsable, soulignant que la suite dépendrait du gouvernement qui sortira des urnes début octobre.

En réplique aux sanctions imposées par l'Union européenne à la suite de l'offensive russe en Ukraine, le président Vladimir Poutine a annoncé que les acheteurs de gaz russe de pays «inamicaux» payent en roubles depuis des comptes en Russie sous peine d'être privés d'approvisionnement.

Ceux qui n'y ont pas répondu favorablement ont vu leurs livraisons cesser : outre la Bulgarie, c'est le cas de la Pologne, du Danemark, de la Finlande, des Pays-Bas et de la Lettonie. Chez les autres, les flux vers l'Europe se tarissent : ils étaient en baisse d'environ 70% en juillet sur un an.

Rejetant tout nouveau recours à Gazprom, Kiril Petkov avait accéléré la mise en place d'un nouveau gazoduc d'interconnexion avec la Grèce voisine, pour recevoir du gaz d'Azerbaïdjan à compter d'octobre. Il avait également négocié des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) des Etats-Unis. Le gouvernement bulgare promettait en avril qu'il n'y aurait aucune restriction mais, depuis, l'Union européenne veut pouvoir réduire d'au moins 15% de sa consommation de gaz cet hiver. 

Selon le nouveau gouvernement les livraisons alternatives ne sont garanties que pour septembre et seulement partiellement pour octobre, a précisé lundi Rossen Hristov pour justifier cette décision de renouer le contact avec Gazprom.