Lors d'une réunion, tenue le 30 août, consacrée à la mise en place de mesures pour gérer les conséquences des feux de forêt qui ont ravagé le centre et l'est du pays depuis le 26 août, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a discuté avec des hauts responsables militaires et civils de l'assistance et de l'indemnisation des sinistrés, ainsi que de l'approvisionnement des régions impactées par les incendies en eau, en gaz et en électricité, et du rétablissement du réseau de télécommunications, rapporte l'agence de presse locale APS. Lors de la même réunion, sur un plan juridique, le chef de l'État a ordonné de modifier le code pénal algérien avant le 15 septembre en réinstaurant la peine de mort, qui fait l'objet d'un moratoire depuis 1993, avec exécution des individus reconnus coupables d'avoir provoqué des incendies volontaires, et ce, après épuisement de toutes les voies de recours garanties par la loi.
Le président algérien a insisté sur la nécessité de soumettre la modification au gouvernement, puis à l'Assemblée populaire nationale (APN) dès cette semaine, déclarant que « celui qui pense que la loi ne sera pas appliquée doit savoir que la société et la justice lui demanderont des comptes ». S'adressant aux responsables des wilayas sinistrées, le chef de l'État a exigé la transmission de toute information concernant des actes d'incendies volontaires aux services de sécurité, indiquant au passage l'arrestation de plusieurs individus impliqués dans les départs de feux. « Quiconque pense que l'Algérie échouera se trompe, elle est connue pour ses sacrifices et nul ne peut la faire plier », a-t-il prévenu, ajoutant qu'« il est anormal que des incendies se déclarent au même moment, comme ceux qui se sont déclenchés à une heure du matin pour se propager rapidement en l'absence de vent », avant d'indiquer qu'« il est vrai que nous sommes éprouvés par la perte de nos concitoyennes et concitoyens, mais cela ne nous découragera pas ».
Un bilan « très lourd »
Dans ses déclarations du 28 août dernier, le ministre algérien de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a fait état d'un bilan « très lourd », sans fournir de plus amples précisions sur le nombre de victimes. Un bilan communiqué par le ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, et repris par la presse locale : les brasiers qui ont ravagé les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi-Ouzou ont fait au moins 12 décès, dont cinq à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi-Ouzou. Les autorités indiquent également 54 blessés dans la wilaya de Béjaïa.
Pour sa part, la protection civile algérienne a indiqué dans un bilan communiqué le 30 août que les feux de forêt qui se sont déclarés entre le 26 et le 30 août avaient été circonscrits et totalement maîtrisés, avec l'extinction de 24 feux dans plusieurs wilayas, notamment Jijel, Béjaïa et El-Tarf. La veille, les mêmes services avaient annoncé 123 incendies, dont 118 éteints.
Deuil national et indemnisation des sinistrés
Le gouvernement algérien a décrété un deuil officiel de trois jours avec annulation de toutes les festivités d'ordre culturel, ainsi que des compétitions sportives, à la suite des incendies. Le président algérien a, de son côté, indiqué la mise en place d'une commission chargée de recenser et de faire l'inventaire des dégâts matériels subis dans les wilayas sinistrées. Il a également fait part des efforts du ministère des Finances pour instaurer des modalités d'indemnisation au bénéfice des victimes des incendies. Il a dans ce contexte exprimé l'engagement d'indemniser toutes les pertes subies à cause des feux, quelle que soit leur nature, rapporte la presse locale. Sur ordre du président, le ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme, de la Ville et de l'Aménagement du territoire a pris toutes les mesures nécessaires avec les wilayas concernées pour entamer immédiatement le relogement des sinistrés et accélérer le retour à la vie normale.
Dans un même contexte, et à titre préventif, il a ordonné de mener des études d'experts sur les normes de construction de logements en zones forestières pour les protéger des éventuelles menaces de feux.