Afrique

Madagascar : condamné à indemniser 27 familles, le géant minier QMM suspend ses activités

Le géant minier QMM, filiale du groupe anglo-australien Rio Tinto, a annoncé la suspension de son activité d’extraction d’ilménite près de Fort-Dauphin, dans le sud-est de Madagascar. L’entreprise fait face à des blocages de riverains et à une controverse judiciaire concernant l’indemnisation de familles dont les terres ont été inondées.

Le géant minier QMM a annoncé le 28 août la suspension de ses activités sur son site d’extraction d’ilménite près de Fort-Dauphin, dans le sud-est de Madagascar, après plusieurs blocages de la route d’accès à la mine par des agriculteurs locaux.

Depuis trois semaines, des riverains empêchent régulièrement l’accès au site, accusant l’entreprise d’être responsable de l’inondation de leurs terres agricoles. Ils dénoncent également le refus présumé de QMM de se conformer à une décision de justice ordonnant le versement de dommages et intérêts.

Le 18 février, le tribunal de première instance de Fort-Dauphin a condamné QMM à verser 9,9 milliards d’ariary, soit plus de 2,2 millions de dollars, à 27 familles d’agriculteurs. Selon le jugement, la construction d’un barrage destiné à retenir l’eau nécessaire aux activités minières a entraîné l’inondation de leurs champs et rizières, rendus inutilisables depuis 2007.

La justice avait ordonné le paiement immédiat de la moitié des indemnités. Saisie par QMM pour contester cette condamnation, la Cour suprême malgache a rejeté son recours le 4 août, selon Transparency International Initiative Madagascar.

L’ONG anticorruption a vivement critiqué la situation, s’interrogeant sur la possibilité pour « une entreprise multinationale » d’ignorer une décision de la Cour suprême alors que des familles affectées rencontrent des difficultés à subvenir à leurs besoins.

De son côté, QMM affirme que ses activités ne reprendront que lorsque « la sécurité des personnes et la libre circulation vers et depuis le site seront durablement garanties ». L’entreprise assure rester engagée dans le dialogue avec les différentes parties concernées.

Ce n’est pas la première fois que le site est confronté à des tensions avec les populations locales. En 2022, ses activités avaient déjà été suspendues après des blocages routiers organisés par des riverains qui l’accusaient d’avoir provoqué des pollutions dans un estuaire voisin.