Afrique

Sanctions américaines contre la CPI : le Sénégal dénonce des mesures qui «fragilisent» la justice internationale

Le gouvernement sénégalais a exprimé sa «profonde préoccupation» après les nouvelles sanctions annoncées le 18 août par les autorités américaines contre des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), parmi lesquels le Sénégalais Abdoulaye Seye, membre du Bureau du Procureur et candidat présenté par Dakar à un poste de juge à la CPI.

Dans un communiqué publié le 21 août, le gouvernement sénégalais a réaffirmé son soutien à la Cour pénale internationale, qu’il considère comme un « pilier essentiel » de la lutte contre l’impunité et un instrument majeur de la justice pénale internationale.

Dakar rappelle que le Sénégal a été le premier État à ratifier le Statut de Rome, texte fondateur de la CPI, et souligne son engagement de longue date en faveur de la juridiction internationale.

Pour les autorités sénégalaises, toute mesure susceptible d’entraver l’indépendance, la sécurité ou l’exercice des fonctions des magistrats et personnels de la CPI risque de « fragiliser l’intégrité et le bon fonctionnement » de la justice pénale internationale.

Le gouvernement a par ailleurs exprimé sa « pleine solidarité » à Abdoulaye Seye ainsi qu’aux autres responsables et personnels de la CPI visés par les sanctions américaines. Il estime que l’exercice indépendant de fonctions judiciaires au sein d’une juridiction internationale ne doit pas exposer les personnes concernées à des pressions susceptibles d’entraver l’accomplissement de leur mandat.

Dakar a également réaffirmé son attachement au multilatéralisme, au respect du droit international et à l’indépendance de la justice internationale. Le Sénégal entend poursuivre ses consultations avec ses partenaires africains et internationaux afin de préserver l’intégrité, l’indépendance et le fonctionnement de la CPI.

Enfin, le gouvernement sénégalais a appelé à privilégier le dialogue, le respect mutuel et la coopération internationale, au nom de la paix, de la justice et de la préservation de l’ordre juridique international..

Vague massive de sanctions américaines contre la CPI

L'administration américaine a annoncé une vague massive de sanctions économiques et diplomatiques contre la Cour pénale internationale (CPI), culminant avec des mesures majeures adoptées le 18 août 2026. Prises en représailles aux poursuites de la Cour contre des dirigeants d'États non-membres — notamment le mandat d'arrêt de 2024 contre Benjamin Netanyahou —, ces sanctions gèlent les avoirs financiers et interdisent l'accès au territoire américain à 13 hauts responsables de l'institution.

Parmi les personnalités visées au sein de l'institution figurent la présidente de la CPI, Tomoko Akane, ainsi que la moitié de ses magistrats et procureurs adjoints, dont le magistrat sénégalais et premier substitut du Procureur au Bureau du Procureur.

Qualifiée par Washington de réponse légitime face à une cour jugée « corrompue et politisée », cette offensive a plongé la CPI dans une grave crise institutionnelle.