La crise alimentaire et nutritionnelle s'aggrave en Somalie, où près de 1,9 million d'enfants devraient être touchés par la malnutrition cette année, a alerté le 21 août l'Unicef.
Selon l'agence des Nations Unies pour l'enfance, le nombre d'enfants admis dans les structures de santé pour des cas de malnutrition aiguë sévère accompagnée de complications a augmenté de 32 %.
La situation est aggravée par les réductions importantes de l'aide humanitaire. Depuis le début de l'année, 205 centres de santé et de nutrition ont déjà fermé, tandis que jusqu'à 618 structures pourraient être contraintes de fermer à l'échelle nationale, a indiqué James Elder, porte-parole de l'Unicef, lors d'une visioconférence.
« Moins de structures signifie des trajets plus longs pour les mères et leurs bébés ; des voyages plus longs signifiant un traitement plus tardif ; un traitement plus tardif signifie des maladies plus graves et un risque accumulé de décès évitables », at-il averti.
Près d'un demi-million d'enfants menacés par une malnutrition aiguë
Parmi les 1,9 million d'enfants exposés à la malnutrition cette année, près de 500 000 devraient souffrir de malnutrition sévère, considérée comme la forme la plus dangereuse de la maladie.
Le financement destiné à lutter contre la malnutrition aiguë dans certaines régions de Somalie a chuté de plus de 80 % cette année, selon Médecins sans frontières. Les États-Unis ont notamment interrompu une partie de leurs financements, tandis que plusieurs autres pays occidentaux ont également réduit leur aide.
Pour l'Unicef, ces coupes interviennent au pire moment. La Somalie est confrontée simultanément à une crise climatique croissante, avec une sécheresse sévère dans certaines régions du nord, ainsi qu'aux conflits et aux déplacements de populations.
La hausse des coûts du carburant et des engrais vient encore alourdir les difficultés auxquelles sont confrontées les populations. « C'est le mauvais moment pour se retirer », a souligné James Elder, appelant au maintien et au renforcement de l'aide humanitaire.
L'agence onusienne craint que la fermeture progressive des structures sanitaires n'éloigne davantage les enfants des soins dont ils ont besoin, malgré ainsi les risques de complications et de décès liés à une malnutrition pourtant évitable et traitable lorsqu'elle est prise en charge à temps.