Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et le ministre d’État chargé de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général de corps d’armée Ismaël Wagué, ont reçu le 17 août à Bamako une délégation de haut niveau des Nations unies conduite par Sahle-Work Zewde, experte indépendante chargée de la revue stratégique de l’UNOWAS et ancienne présidente de l’Éthiopie.
Cette visite s'inscrit dans le cadre de la revue stratégique du Bureau des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), à l'approche du renouvellement de son mandat.
Adapter l’ONU aux nouvelles réalités régionales
Les discussions ont porté notamment sur les questions sécuritaires et les évolutions géopolitiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Selon le ministère malien des Affaires étrangères, les participants ont souligné la nécessité d’aligner le mandat de l’UNOWAS sur « les priorités et les réalités sous-régionales ».
Bamako a particulièrement insisté sur la prise en compte de la dimension « Confédération AES » dans le cadre de la coopération régionale. Cette demande intervient après la création, par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, de l’Alliance des États du Sahel en 2023, transformée en Confédération des États du Sahel en juillet 2024.
Les autorités maliennes ont également évoqué les enjeux sécuritaires liés au terrorisme, que Bamako affirme être soutenu par des « ingérences extérieures ».
Bamako défend son nouveau paradigme
Sur le plan national, Abdoulaye Diop et Ismaël Wagué ont réaffirmé la volonté des autorités maliennes de reprendre en main la conduite des affaires du pays, notamment en matière de gouvernance, de stratégie de développement et de gestion des questions considérées comme stratégiques.
Les deux ministres ont notamment mis en avant la Charte nationale pour la paix et la réconciliation comme nouveau cadre du processus de paix, dans le contexte de la rupture avec l’ancien processus issu de l’Accord d’Alger.
La rencontre a également permis au gouvernement malien de saluer la contribution du système des Nations unies au développement socio-économique du pays. Bamako a toutefois appelé à renforcer la coordination entre les agences, fonds et programmes de l’ONU présents au Mali, afin d’améliorer la cohérence et l’efficacité de leurs interventions.
La revue stratégique de l’UNOWAS doit déterminer dans quelle mesure le mandat et les méthodes de travail du Bureau peuvent être adaptés aux transformations politiques et sécuritaires intervenues dans la sous-région, notamment depuis la création de l’AES.