L'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, a été le théâtre d'une manifestation, organisée le 16 août, par environ 200 migrants, selon les médias espagnols. Réunis sur une plage de la ville, où un camp de fortune, baptisé El Trampolin, avait été installé, ils réclamaient le droit d'asile aux autorités en brandissant des drapeaux espagnols et en arborant des pancartes avec des inscriptions telles que : « Nous ne voulons pas retourner au Maroc » ou « Nous sommes des êtres humains, nous aussi ». D'autres slogans comme « Nous en avons assez » ou « Il nous faut une solution » ont aussi été scandés par les migrants, selon Reuters.
La position du gouvernement espagnol demeure inchangée sur cette question. Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait déclaré la semaine dernière que les migrants entrés irrégulièrement n'auraient pas l'autorisation de rester dans l'enclave, ni celle de se rendre en Espagne continentale, excluant l'octroi d'un statut légal, sauf pour les rares cas d'extrême vulnérabilité.
« Je préférerais mourir plutôt que de rentrer »
Cité par la chaîne espagnole RTVE, Mohammed Ouanzar, un spécialiste en automatisation de 39 ans originaire de la ville marocaine de Fès, a déclaré : « Je préférerais mourir plutôt que de rentrer », expliquant qu'avec un salaire mensuel moyen de 3 000 dirhams (environ 325 dollars), il est impossible pour lui d'acquérir une maison ou de fonder une famille. Il a ajouté que « dès que j'ai posé le pied en Espagne, j'ai eu l'impression de renaître ».
Pour Emmanuel, un Nigérian de 30 ans, la situation est encore plus dramatique. Fuyant le conflit au nord-est de son pays, il a traversé le Niger, l'Algérie et le Maroc dans l'espoir d'une meilleure vie, au point que ses enfants avaient arrêté d'aller à l'école par peur des enlèvements.
Manifestation encouragée par des ONG
Des témoins de la manifestation, rassemblés par l'agence de presse espagnole EFE, ont affirmé que des organisations non gouvernementales et certains groupes d'activistes avaient apporté leur aide aux migrants dans leur campement précaire. Certains témoignages ont indiqué que ces sympathisants avaient aidé plusieurs migrants à rédiger les pancartes brandies lors de la manifestation, en plus de les applaudir en signe de soutien à leur cause.
Le rassemblement de migrants a été organisé de manière spontanée, cependant, sans appel à l'action d'aucune partie. Les migrants espèrent rendre visibles leurs principales revendications et se faire entendre par les autorités pour qu'elles leur accordent le droit d'asile.
Pour rappel, entre 5 000 et 8 000 migrants se trouvent actuellement dans l'enclave de Ceuta après la vague massive de migrants qui ont traversé la frontière les 30 et 31 juillet derniers, impliquant plus de 72 000 personnes dont la plupart sont rentrées volontairement au Maroc dans les jours suivants.