France

Piratage du fisc : Lecornu réunit une cellule de crise, 678 000 usagers exposés

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, préside ce 17 août une cellule interministérielle de crise après le vol de données fiscales de 678 000 particuliers et entreprises. Les victimes seront informées dès ce jour, dans un contexte de critiques politiques et de précédents inquiétants.

Sébastien Lecornu réunit en visioconférence sécurisée les ministères concernés par le piratage de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Cette réunion, prévue le 17 août, vise à coordonner l'information des 678 000 usagers touchés, dont les données ont été extraites fin juin et fin juillet, alors que des réactions politiques se multiplient et que l'affaire rappelle d'autres failles récentes.

Une attaque sophistiquée et des « dettes techniques »

Les intrusions, revendiquées le 12 août sur un forum du dark web par le pirate « ZeroBytes », ont permis d'accéder à des informations sensibles : noms, prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source pour les particuliers, ainsi que des données cadastrales et des numéros SIREN pour les entreprises.

La DGFiP avait détecté la compromission d'un compte d'agent en juin, mais pas le vol de données, en raison du caractère « sophistiqué » de l'opération. Les espaces personnels sur impots.gouv.fr n'ont pas été compromis.

L'avocat Philippe Prigent s'interroge : « Pourquoi aucun des fonctionnaires qui ont participé à ce fiasco n'est-il en garde à vue pour négligence ayant permis le détournement de fonds publics ou en cours de révocation pour inaptitude professionnelle ? »

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ». Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a reconnu que « l'État a accumulé certaines "dettes techniques" pendant des décennies ».

Sur X, Bruno Retailleau a regretté que la France soit « le 2e pays au monde le plus touché par les cyberattaques » et appelé à un « Plan Vauban » pour bâtir une « forteresse numérique ».

Les sénateurs socialistes, dont Thierry Cozic, réclament une commission d'enquête, qualifiant l'affaire de « cyberattaque la plus grave de l'histoire de notre pays » et dénonçant des « zones d'ombre ».

Sur les réseaux sociaux, des internautes s'indignent face à l'ampleur de l'attaque et au caractère répété de ces cyberattaques.

L'affaire s'inscrit en effet dans une série d'incidents, comme le récent piratage de l'Insee touchant 12 800 personnes ou encore celle de la fédération sportive de la police concernant 180 000 personnes à la fin du mois de juin. Le gouvernement rappelle son plan de sécurisation lancé en avril, avec 200 millions d'euros promis, mais les critiques et la récurrence des piratages soulignent les limites de la riposte gouvernementale.