Afrique

Mali : le Premier ministre dresse le bilan des réformes et précise les priorités à venir du gouvernement

Au terme de la rencontre-bilan de la Transition, cinq ans après son lancement, Abdoulaye Maïga a exposé les réalisations structurelles et réformes institutionnelles engagées, ainsi que les perspectives à venir, s'engageant à relever les défis économiques, sociaux, énergétiques et sécuritaires du pays.

Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a tenu un discours le 6 août à l'issue de la rencontre pour le bilan des cinq ans de la Transition au Mali, indiquant qu'un « cap important » avait été franchi durant cette période dans le processus de refondation et d'édification du Mali. Il a, dans ce contexte, indiqué que la finalité de ce travail collectif était de mesurer « avec lucidité » le parcours du pays depuis le début de la Transition, en écoutant les préoccupations des Maliens et en fixant les priorités des prochaines étapes de l'action du gouvernement. Le cap devrait être mis, selon le chef du gouvernement, sur le développement de secteurs clés tels que l'industrialisation du pays, la transformation locale des matières premières, le développement des infrastructures et l'amélioration des services sociaux.

« Depuis cinq ans, notre pays s’est engagé dans un processus de refondation visant à renforcer les fondements de l’État, consolider l’autorité publique, restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, placer l’intérêt national au cœur de l’action publique », a déclaré Abdoulaye Maïga, citant, dans la foulée, les défis imposés par un contexte sécuritaire, économique et institutionnel difficile.

Le secteur minier : un acquis majeur et levier de financement des projets du gouvernement

La réforme du secteur minier figure parmi les changements majeurs lancés par le gouvernement malien durant les cinq dernières années. « Grâce à la relecture du Code minier, à l'adoption de la loi sur le contenu local et à la renégociation des conventions minières, les richesses du sous-sol malien profitent désormais davantage aux populations maliennes », a déclaré le Premier ministre, qui a aussi fait savoir que « plus de 760 milliards de francs CFA » (environ 1,33 milliard de dollars) avaient été recouvrés auprès des compagnies minières opérant sur le sol malien « au titre des redevances ajustées, des impôts et du fonds minier de développement ». Cette manne a permis « pour la première fois », selon Abdoulaye Maïga, de redistribuer « 18,4 milliards de francs CFA [plus de 32 millions de dollars] au bénéfice des communes du Mali pour financer des projets structurants en matière d'eau, de santé, d'éducation et d'infrastructures de proximité ». Ces fonds sont devenus un levier de développement territorial et de justice sociale, a-t-il affirmé.

Le gouvernement malien ambitionne de mettre à profit les ressources naturelles du pays, telles que l'extraction aurifère, pour transformer l'économie, créer des emplois et améliorer les conditions de vie des populations maliennes, en bâtissant des écoles, des centres de santé, des infrastructures énergétiques et routières et des opportunités d'emploi pour les jeunes.

La Vision Mali Kura 2063 et SNEDD 2024-2033 : un « pacte de générations » pour bâtir un Mali souverain

Le gouvernement malien prévoit d'accélérer la transformation structurelle de son économie, conformément à la Vision Mali Kura 2063 et à la Stratégie nationale pour l'Émergence et le Développement durable, deux documents stratégiques qui constituent un « pacte de générations » pour « bâtir un État souverain, une économie compétitive, une société juste et un pays où chaque citoyen pourra trouver les conditions de son épanouissement ». Le chef du gouvernement a fait état des défis énergétiques et sécuritaires qui s'imposent au pays et a appelé à la responsabilité des Maliens pour y faire face. « Les cinq ans de la Transition auront permis de poser les fondations d'un Mali plus souverain, plus résilient et plus maître de son destin. Les défis demeurent, mais ils ne nous feront pas dévier du cap », a-t-il promis.