Afrique

Guinée-Bissau : le Sénégal présente son plan de médiation pour accompagner le processus électoral

À la suite de sa désignation par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Dakar ouvre une séquence diplomatique en Guinée-Bissau. La médiation sénégalaise doit accompagner les autorités de transition jusqu'aux principales échéances annoncées, le référendum constitutionnel du 30 août et les élections du 6 décembre.

Une délégation sénégalaise conduite par le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang, s'est rendue le 6 août à Bissau pour présenter aux autorités de transition un plan destiné à faciliter une sortie de crise. Le chef de la diplomatie sénégalaise était accompagné du ministre de la Défense, Yankoba Diémé.

Cette visite intervient après le sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) organisé à Freetown en juillet 2026. À cette occasion, le Sénégal a été désigné pour conduire la médiation entre les différents acteurs bissau-guinéens et accompagner le dialogue politique jusqu'à la fin du processus électoral.

À Bissau, la délégation a rencontré le président de la transition, le général Horta N'Tam, ainsi que le Premier ministre, Ilídio Vieira Té, et la ministre des Affaires étrangères, Fatumata Jau. Dakar a présenté un plan de médiation qui doit se dérouler en plusieurs étapes.

« Nous sommes là pour présenter le plan de médiation que nous comptons envisager, et pour nous entendre sur les termes de cette médiation », a déclaré Cheikh Niang. Le ministre a qualifié ses échanges avec le général Horta N'Tam de « fructueux » et a indiqué que la médiation devait se déployer dans les prochaines semaines.

Bissau maintient le calendrier électoral

Les autorités de transition ont, de leur côté, réaffirmé leur intention de respecter le calendrier politique annoncé. Fatumata Jau a confirmé que les élections législatives et présidentielle restaient fixées au 6 décembre, tout en insistant sur la nécessité de préserver la stabilité de la Guinée-Bissau et de la sous-région.

Avant cette échéance, un référendum sur une nouvelle Constitution est prévu le 30 août 2026. Le texte doit notamment porter sur une réforme institutionnelle prévoyant un renforcement des pouvoirs du président de la République.

Les échanges entre les deux parties ont également porté sur les relations entre le Sénégal et la Guinée-Bissau et sur la poursuite du dialogue dans un esprit de confiance et de respect mutuel. Pour Dakar comme pour Bissau, l'objectif affiché reste de privilégier la concertation et de préserver la stabilité régionale.

Une crise ouverte depuis novembre 2025

La crise actuelle remonte au 26 novembre 2025, lorsque des militaires ont pris le pouvoir trois jours après des élections générales dont les résultats n'avaient pas encore été proclamés. Les activités des partis d'opposition ont ensuite été suspendues et le Parlement remplacé par un Conseil national de transition.

Plusieurs formations d'opposition ont contesté les conditions de cette prise de pouvoir, allant jusqu'à qualifier les événements de « mise en scène ». Elles réclament notamment le rétablissement de la normalité constitutionnelle ainsi que la libération des responsables politiques et militaires arrêtés depuis le changement de pouvoir.

Le Conseil national de transition a parallèlement engagé une réforme constitutionnelle prévoyant notamment un renforcement des pouvoirs du président de la République. Le texte doit être soumis au référendum du 30 août, avant les élections législatives et présidentielle annoncées pour le 6 décembre.

La médiation sénégalaise doit se poursuivre dans les prochaines semaines pour accompagner ce calendrier politique.