Afrique

La Côte d’Ivoire se tourne vers le Botswana pour bâtir une industrie minière à forte valeur ajoutée

La Côte d’Ivoire et le Botswana ont signé leur premier accord de coopération dans les secteurs des mines et de l’énergie. Abidjan souhaite s’inspirer du modèle botswanais pour développer une industrie minière intégrée et mieux valoriser ses ressources. Le partenariat prévoit des transferts de technologies et des projets conjoints.

La Côte d’Ivoire accélère la transformation de son secteur minier en misant sur l’expertise africaine. Les gouvernements ivoirien et botswanais ont signé, le 30 juillet à Gaborone, leur premier accord de coopération dans les domaines des mines et de l’énergie. Ce partenariat marque une nouvelle étape dans la stratégie d’Abidjan, qui souhaite s’inspirer du modèle botswanais, considéré comme l’un des plus performants au monde en matière de gouvernance minière.

Le protocole d’accord a été signé par le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, et son homologue botswanaise, Bogolo Joy Kenewendo. Il concrétise un rapprochement engagé il y a six mois, après la rencontre entre les présidents Alassane Ouattara et Duma Boko en marge du Sommet France-Afrique de Nairobi. Depuis, plusieurs missions techniques ont permis d’identifier des projets communs, notamment dans les secteurs du diamant et de la recherche géologique.

L’accord couvre un large éventail de domaines : exploration minière, exploitation de l’or, développement de la filière du diamant, valorisation des minéraux critiques, renforcement de la gouvernance, formation des ressources humaines et coopération institutionnelle. Les deux pays entendent également favoriser le transfert de technologies et encourager les partenariats entre leurs entreprises.

Le modèle botswanais, une source d’inspiration pour Abidjan

Le choix du Botswana n’est pas anodin. Grâce à une gestion rigoureuse de ses ressources, ce pays d’Afrique australe a réussi à transformer l’exploitation du diamant en un puissant moteur de développement économique, en maîtrisant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction jusqu’à la commercialisation.

Pour la Côte d’Ivoire, cette expérience constitue une source d’inspiration alors que le pays connaît une forte dynamique minière. Les importantes découvertes d’or à Koné, Tanda-Iguela et Doropo, ainsi que le potentiel en lithium, manganèse, nickel et diamant, renforcent son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Les autorités souhaitent désormais dépasser le simple rôle d’exportateur de matières premières afin de développer une véritable industrie de transformation créatrice d’emplois et de valeur ajoutée.

« La véritable réussite d’un secteur extractif ne se mesure pas uniquement au volume des découvertes, mais à sa capacité à générer une dynamique économique endogène », avait souligné Mamadou Sangafowa-Coulibaly lors d’une précédente visite au Botswana. Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie de diplomatie économique d’Abidjan, qui multiplie les coopérations africaines afin d’accélérer son industrialisation et de mieux valoriser ses ressources naturelles.