Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema entame le 20 juillet une visite d’État en France, à la tête d’une délégation de plus de 80 personnes comprenant des membres du gouvernement, des opérateurs économiques et des journalistes. Il sera reçu au palais de l’Élysée par son homologue français Emmanuel Macron pour des discussions axées sur l’économie et l’évolution des relations entre les deux pays.
Selon la présidence gabonaise, le suivi des accords conclus lors de la visite d’Emmanuel Macron à Libreville en novembre 2025 figurera au centre des échanges. Parmi les dossiers sensibles : l’avenir de l’exploitation du manganèse, principale richesse minière du Gabon.
Depuis plusieurs mois, Libreville réclame une transformation locale accrue de cette ressource exploitée par la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale du groupe français Eramet. Les autorités gabonaises exigent qu’à partir de janvier 2029, tout le minerai soit soumis à une première transformation avant son exportation.
Si Paris soutient le principe d’une industrialisation locale, des discussions portent sur le calendrier, jugé ambitieux par les acteurs français en raison des investissements nécessaires dans les infrastructures et l’énergie.
Coopération militaire et diversification des partenaires
L’avenir de la présence militaire française au Gabon sera également abordé. Libreville souhaite une réduction progressive de l’empreinte militaire française et réclame notamment le transfert du titre foncier du Camp de Gaulle, ancienne base de l’armée française, ainsi que son changement de nom.
À terme, la coopération militaire devrait se concentrer davantage sur la formation. Parallèlement, le Gabon poursuit une politique de diversification de ses partenaires internationaux, en développant notamment ses relations avec la Chine, la Turquie et l’Inde. La France demeure toutefois un partenaire diplomatique majeur.
La dette gabonaise au cœur des préoccupations
Autre dossier sensible : la situation financière du Gabon. La dette publique dépasse actuellement 70 % du PIB. Libreville a engagé un audit dont les résultats sont attendus en juillet, tout en négociant un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
La France, qui préside le Club de Paris regroupant les principaux créanciers internationaux, encourage une solution négociée afin d’éviter une dégradation de la situation économique gabonaise, susceptible d’avoir des conséquences sur les équilibres financiers de la zone CFA.
La visite d’État est également marquée par une controverse politique. Les avocats d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et figure de l’opposition gabonaise détenu depuis trois mois, demandent à Paris d’intervenir en faveur du respect de ses droits fondamentaux.
Ils dénoncent une procédure judiciaire qu’ils jugent infondée et appellent la France à utiliser son influence pour encourager Libreville à garantir les libertés publiques.