Afrique

La situation politique, sécuritaire et humanitaire en Afrique de l’Ouest au cœur des discussions de la CEDEAO

La réunion du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO a évoqué les défis sécuritaires, politiques et humanitaires qui se posent en Afrique de l'Ouest et les moyens de renforcer la solidarité et l’action collective. La poursuite du dialogue avec l’AES a également été discutée par les intervenants.

La 56e session du Conseil de médiation et de sécurité de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s'est tenue dans la capitale de la Sierra Leone, Freetown, ce 15 juillet. Durant la réunion, les mémorandums stratégiques examinés se réfèrent à la situation politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest, à la mobilisation de la Force d’intervention de la CEDEAO, à la situation humanitaire dans la région, ainsi qu'à la mise en œuvre des centres d’alerte précoce et d’intervention de la CEDEAO.

Dans son allocution d’ouverture, le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a souligné la nécessité d’une solidarité régionale renforcée et d’une action collective pour relever les défis croissants qui se posent à la région dans les domaines sécuritaire, politique et humanitaire.

Le défi du financement de la Force en attente

Dans le cadre de la réalisation des aspirations de la Vision 2025 de la CEDEAO, les travaux de la session ont mis l’accent sur les défis de financement pour opérationnaliser la Force en attente, composée de 1 650 soldats. À cela s’ajoute la nécessité de renforcer la diplomatie préventive, la médiation et l’alerte précoce des conflits. Ainsi que la réforme du secteur de la sécurité, les soutiens aux processus électoraux et aux processus de paix inclusifs.

À ce propos, Omar Alieu Touray a déclaré : « Notre présence ici montre notre engagement constant pour améliorer la paix, la sécurité et la gouvernance démocratique dans la région de l’Afrique de l’Ouest ». Il a également fait part de « l’engagement sans faille » de la CEDEAO pour la coopération régionale en Afrique de l’Ouest afin de concrétiser les aspirations de prospérité et d’intégrité.

Poursuivre le dialogue avec l’Alliance des États du Sahel

Le Conseil de médiation et de sécurité a évoqué la mise en place du cadre de dialogue politique, sécuritaire et économique avec l’Alliance des États du Sahel (AES), qui compte également parmi les axes principaux de discussion du Conseil de médiation et de sécurité. En ce sens, Sola Enikanolaiye, ministre nigérian des Affaires étrangères, a exhorté la CEDEAO à poursuivre le dialogue entamé avec les pays membres de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger), afin de préserver les perspectives de coopération régionale dans un contexte de profondes recompositions géopolitiques.

Dakar aux commandes de la Commission de la CEDEAO

Lors de cette session du Conseil de médiation et de sécurité, la CEDEAO a salué la maturité démocratique du Sénégal. L'organisation a vivement apprécié la gestion républicaine des désaccords politiques qui ont marqué la vie politique dans le pays. Dans ce contexte, Dakar devrait prendre la tête de la Commission de la CEDEAO pour un mandat de quatre ans, qui sera assuré par l’ancien ministre sénégalais des Forces armées, le général Birame Diop. Cette prise de fonction devrait être officialisée lors du 69ᵉ sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, prévu le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone.