Afrique

Forum africain de l’eau : Félix Tshisekedi plaide pour une coalition continentale

Devant plusieurs chefs d’État et de gouvernement réunis à N’Djamena, Félix Tshisekedi a présenté cinq orientations pour relever les défis hydriques de l’Afrique. Le président congolais a notamment proposé de faire de l’eau un levier d’industrialisation et appelé à une coalition continentale pour la sécurité hydrique.

La capitale tchadienne, N’Djamena, a accueilli, les 15 et 16 juillet, les travaux du Forum africain de l’eau, organisé autour du thème « De la vision à l’action ». L’événement a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que des représentants d’institutions financières, des partenaires techniques et financiers et des acteurs du secteur privé, autour des enjeux de sécurité hydrique et de coopération continentale.

Dans son allocution lors de la cérémonie d’ouverture, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a présenté cinq orientations destinées à améliorer la gestion des ressources hydriques en Afrique, selon un communiqué de la présidence congolaise.

La première consiste à mieux intégrer les politiques publiques liées à l’eau. « Nous devons cesser de concevoir séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme, l’environnement et les infrastructures. Nos politiques doivent être pensées à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques », a déclaré Félix Tshisekedi.

La deuxième orientation porte sur le renforcement de la gouvernance au moyen d’institutions performantes. La troisième vise à améliorer la redevabilité et la transparence dans la gestion des infrastructures hydriques. La quatrième met l’accent sur la préparation de projets techniquement aboutis et financièrement structurés, susceptibles d’attirer davantage d’investissements. La cinquième concerne la mobilisation des financements nécessaires au développement des infrastructures.

Faire de l’eau un levier d’industrialisation

Tshisekedi a également plaidé pour une mobilisation massive des ressources publiques et privées, ainsi que pour une participation accrue des partenaires internationaux. Il a proposé de faire de l’eau un levier d’industrialisation du continent. « Nous devons développer sur notre continent la production de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques », a-t-il expliqué.

Le président congolais a souligné qu’« aucun État ne peut garantir seul sa sécurité hydrique » et appelé à bâtir une gouvernance coopérative de l’eau. Il a ainsi plaidé pour une coalition entre les États afin d’élever l’eau au rang de priorité politique de premier ordre, mais aussi pour un partenariat avec les institutions financières afin de réduire le coût des financements et d’accélérer les investissements.

Félix Tshisekedi a également appelé à associer le secteur privé, les collectivités locales, les communautés, les jeunes et les femmes afin de mobiliser les technologies, l’innovation et les capacités d’exécution, tout en veillant à ce que les solutions répondent aux réalités locales.

Un objectif de 60 % d’accès à l’eau potable en RDC

Le président congolais a par ailleurs présenté les ambitions de son pays en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement. La RDC entend exploiter son important potentiel hydrique afin de porter à 60 % le taux d’accès de la population à l’eau potable à l’horizon 2035. Félix Tshisekedi a également fixé pour objectif de porter à 50 % l’accès aux services d’assainissement et d’hygiène et de garantir des infrastructures adéquates d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans 80 % des écoles et des établissements de santé du pays.

À l’ouverture du forum, le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a proposé de placer le financement, la gouvernance et l’inclusion au cœur des travaux. Il a appelé à faire des assises de N’Djamena l’élan d’« une Afrique qui reprend en main la maîtrise de son destin hydrique, qui réalise son potentiel en transformant ses contraintes en opportunités et qui bâtit, pierre après pierre, un avenir de résilience et de prospérité partagée ».