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Rupture avec Paris : les diplomates burkinabè officiellement accueillis à Ouagadougou

Les diplomates et agents consulaires burkinabè en poste à Paris ont été officiellement accueillis à Ouagadougou après la fermeture de l’ambassade et du consulat du Burkina Faso en France. Leur retour, marqué par la remise du drapeau national et des clés de l’ambassade, constitue une nouvelle étape de la rupture diplomatique décidée le 26 juin.

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu le 13 juillet les douze membres du personnel diplomatique et consulaire revenus de Paris. La ministre déléguée Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré/Kaboré et plusieurs responsables du ministère ont également pris part à la cérémonie.

Ce retour dément les rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux selon lesquelles certains agents auraient sollicité l’asile auprès des autorités françaises. Le ministère burkinabè des Affaires étrangères a affirmé que l’ensemble du personnel concerné avait regagné le pays conformément à la décision de fermer la mission diplomatique.

Le drapeau et les clés remis au ministre

Au cours de la cérémonie, l’ancien chargé d’affaires de l’ambassade à Paris, Jean Marie Bakouan, a remis au chef de la diplomatie le drapeau burkinabè qui flottait sur la chancellerie ainsi que les clés des locaux.

Ce geste symbolise la fermeture effective de l’ambassade et matérialise la décision prise par Ouagadougou, le 26 juin, de rompre ses relations diplomatiques avec la France.

Karamoko Jean Marie Traoré a toutefois précisé que le retour du personnel ne constituait qu’une étape du processus. Plusieurs démarches administratives liées à la rupture restent encore à mener. Il a salué la célérité de l’équipe diplomatique, qui a procédé en sept jours à la clôture des dossiers relevant de sa compétence.

« Retour en toute dignité »

Jean Marie Bakouan a qualifié le rapatriement de l’équipe de « retour en toute dignité ». Il a indiqué que les organisations internationales installées en France ainsi que les autres États relevant de la juridiction de l’ambassade avaient été informés de la fermeture de la représentation.

« Nous sommes rentrés fiers, fatigués mais pas malheureux », a-t-il déclaré, rejetant les informations faisant état de demandes d’asile. Il a également affirmé que les agents étaient fiers d’avoir contribué à l’application d’une décision souveraine des autorités burkinabè.

Des dispositions pour les dossiers en cours

L’ancien consul général à Paris, Éric Zoungrana, a assuré que des mesures avaient été prises avec le Haut Conseil des Burkinabè de l’extérieur afin de poursuivre le traitement de certains dossiers consulaires en cours. Ces dispositions portent notamment sur la remise aux ressortissants burkinabè des passeports déjà produits.

Le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec la France en accusant Paris d’ingérence, de soutien à des réseaux subversifs et de poursuivre des ambitions néocoloniales. La France a rejeté ces accusations et annoncé des mesures de réciprocité.

Cette rupture parachève plusieurs années de dégradation des relations bilatérales, marquées par le départ des forces françaises, le recul de la présence diplomatique de Paris et la diversification des partenariats internationaux de Ouagadougou.