Au Nigeria, dans l’État de Kwara, des hommes armés soupçonnés d’appartenir à des groupes criminels communément appelés « bandits » ont mené deux attaques distinctes entre le 22 et 24 mai, ciblant à la fois des institutions locales et des civils.
Selon la police nigériane, la première attaque s’est produite le 24 vers 2 heures du matin dans la localité de Yashikira, située dans la zone administrative de Baruten, près de la frontière nord-ouest du pays. Les assaillants ont simultanément attaqué le siège local de la police et le palais de l’émir de Yashikira.
Les forces de sécurité ont indiqué que les policiers présents avaient réussi à repousser les assaillants après un échange de tirs. Toutefois, les hommes armés ont incendié une partie du palais traditionnel avant d’enlever au moins dix habitants de la communauté, conduits vers une destination inconnue.
Le commissaire de police de l’État de Kwara, Adekimi Ojo, a annoncé, le 25 mai, le lancement d’une opération conjointe impliquant l’armée, des gardes forestiers et des groupes de vigilance locaux afin de retrouver les victimes et arrêter les auteurs de l’attaque. Les recherches se concentrent notamment sur les zones forestières servant souvent de refuges aux groupes armés.
Une seconde attaque avait déjà frappé le 22 mai l’État dans la zone d’Ekiti. Des hommes armés ont ouvert le feu sur des fidèles réunis pour une veillée de prière nocturne à Ori-Oke Ajaiye. Selon la police, trois personnes ont été tuées et quinze autres enlevées.
Le pasteur ayant signalé l’incident a expliqué que les assaillants avaient fait irruption sur les lieux vers 20h30, tirant de manière sporadique avant d’emmener plusieurs participants.
Les autorités ont déployé des unités tactiques, des forces mobiles spécialisées ainsi qu’une unité de drones pour participer aux opérations de recherche et de secours.
L’État de Kwara, longtemps considéré comme relativement épargné par les violences qui touchent le nord-ouest du Nigeria, fait face depuis plusieurs années à une extension des activités des groupes armés opérant dans les régions forestières frontalières. Ces groupes sont régulièrement accusés d’enlèvements contre rançon et d’attaques meurtrières contre les populations civiles.