Le président nigérian sortant Bola Ahmed Tinubu a été officiellement investi le 24 mai par le Congrès des progressistes (APC) pour représenter le parti au pouvoir lors de l’élection présidentielle prévue en janvier 2027 au Nigeria.
Réuni à Abuja pour ses primaires présidentielles, l’APC a largement reconduit le chef de l’État, qui a obtenu plus de 10 millions de voix sur près de 11 millions de suffrages exprimés. Son unique adversaire, l’homme d’affaires relativement peu connu Stanley Osifo, n’a recueilli qu’un peu plus de 16 000 voix.
Lors de la cérémonie d’investiture organisée dans la capitale nigériane, le président, coiffé de son traditionnel « fila » yoruba, a reçu le drapeau de son parti ainsi que son certificat de candidature pour un nouveau mandat de quatre ans. « Je reviens aujourd'hui en tant que président sortant, touché par votre soutien inaltérable, encouragé par votre confiance sans faille, et imprégné d'une passion renouvelée pour les défis à venir », a-t-il déclaré devant les militants de l’APC.
Élu une première fois en 2023 après un scrutin contesté par ses principaux rivaux, qui avaient dénoncé des irrégularités devant les tribunaux sans obtenir gain de cause, Bola Tinubu entend désormais capitaliser sur les réformes économiques engagées depuis son arrivée au pouvoir.
Un bilan mitigé
Le président nigérian a notamment supprimé les subventions sur les carburants et l’électricité, mis fin à plusieurs contrôles sur le marché des changes et lancé une réforme du système fiscal. Ces mesures, saluées par plusieurs investisseurs étrangers, ont contribué à renforcer l’image d’un dirigeant favorable aux réformes économiques.
La croissance du Nigeria est ainsi attendue au-dessus de 4 % en 2026, selon plusieurs projections économiques, un argument mis en avant par les soutiens du président. Mais le chef de l’État devra aussi défendre un bilan critiqué sur le plan social et sécuritaire. L’inflation, qui dépasse les 15 % depuis le début de l’année 2026, continue de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des Nigérians. Parallèlement, les violences liées aux groupes djihadistes et aux bandes criminelles se multiplient dans le nord du pays.
Les perspectives de réélection de Bola Tinubu ont toutefois été renforcées par l’échec récent des discussions entre les principaux partis d’opposition visant à présenter un candidat unique face au président sortant.