Le président du Ghana, John Dramani Mahama, a annoncé que son pays n’aurait désormais plus recours à des financements étrangers pour l’achat de cacao, affirmant que ces opérations seront désormais assurées grâce aux ressources internes.
Le chef de l’État s’exprimait à Addis-Abeba, en marge d’un événement baptisé « Sommet d’Accra Zero », organisé dans le cadre de la 39e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine qui s’est tenu le 14 et 15 février. Il a souligné que son pays disposait aujourd’hui d’une assise financière suffisante pour assurer seul le financement de sa filière de cacao.
Selon lui, cette décision met fin à une pratique qui consistait à garantir les prêts extérieurs par des stocks de fèves de cacao. Le président a estimé que ce mécanisme n’était plus nécessaire, assurant que l’État ghanéen est désormais en mesure de couvrir ces achats par ses propres moyens.
Il a également mis en avant les effets négatifs de ces accords de garantie sur l’économie locale, expliquant qu’ils limitaient l’accès des transformateurs nationaux aux matières premières, une partie importante de la production étant mobilisée pour sécuriser les financements étrangers.
Une orientation plus globale
Au-delà du cacao, le président ghanéen a annoncé une orientation plus globale de la politique industrielle du pays. D’ici 2030, les minerais exportés par le Ghana ne seront plus vendus à l’état brut, dans le cadre d’une stratégie visant à développer la transformation locale, stimuler l’activité économique et favoriser la création d’emplois.
Évoquant la situation actuelle du secteur du cacao, John Dramani Mahama a indiqué que les producteurs perçoivent environ 70 % du prix du marché mondial, dans un contexte marqué par des difficultés persistantes pour la filière.
Le pays dispose aujourd’hui d’une capacité de transformation estimée à près de 400 000 tonnes de cacao par an. Toutefois, l’utilisation des fèves comme garantie dans le cadre de financements extérieurs a longtemps conduit à l’exportation de volumes importants, réduisant les quantités disponibles pour l’industrie locale.