Afrique

Attaque à Niamey, au Niger : l’AES dénonce une agression «barbare» soutenue de l’étranger

Après l’attaque contre la base aérienne 101 et l’aéroport de Niamey, l’Alliance des États du Sahel dénonce une opération contre des sites stratégiques, évoquant une action coordonnée et aveugle. L’AES accuse des réseaux de soutien étrangers et promet de tenir responsables tous les acteurs impliqués, sans exception.

L'Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a condamné l'attaque armée contre la base aérienne 101 et l'aéroport international de Niamey. Selon le communiqué du président de la transition burkinabé et président de l'AES, Ibrahim Traoré, cet événement n'est pas un incident isolé, mais s'inscrit dans le cadre d'une « stratégie de déstabilisation » de la situation dans la région, « nourrie et entretenue par des réseaux de soutiens multiformes, y compris des appuis directs ou indirects, notamment des sponsors étatiques étrangers, dont la responsabilité morale, politique est pleinement engagée ».

« De toute évidence, il s'agit d'une attaque préméditée, coordonnée et aveugle, ayant visé à la fois des infrastructures stratégiques et des installations civiles, mettant gravement en danger des populations innocentes ainsi que des biens à usage civil », a souligné l'AES, affirmant que tous les participants à l'attaque, ainsi que les personnes et les structures impliquées dans leur financement, leur armement, leur soutien en matière de renseignement ou leur couverture politique, seront tenus responsables.

« Les États membres de la Confédération AES demeurent unis, vigilants et résolument engagés dans une lutte coordonnée, souveraine et déterminée contre le terrorisme et ses soutiens, quels qu'ils soient », indique le communiqué, soulignant que rien « ne saurait entamer la détermination des peuples sahéliens à défendre leur souveraineté, à protéger leurs populations et à construire un avenir fondé sur la paix, la justice et l'indépendance réelle ».

L'attaque nocturne contre l'aéroport de la capitale nigérienne a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 janvier, accompagnée de coups de feu et d'explosions. Le ministère de la Défense a révélé que l'attaque visait la base aérienne 101. À la suite des combats, au moins 20 « mercenaires télécommandés » ont été neutralisés et 11 autres blessés.

Le président nigérien Abdourahamane Tiani a critiqué ceux qui, selon lui, sont les sponsors des assaillants, leur adressant un avertissement sans équivoque : « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara, que nous les avons suffisamment écoutés aboyer et qu'ils s'apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir. » Il a réaffirmé la vigilance du Niger face à toute tentative d'ingérence extérieure et a appelé la population à soutenir les forces de sécurité et à signaler tout comportement suspect.