Ségolène Royal, récemment élue présidente de l'Association France-Algérie, a entamé le 26 janvier 2026 une visite de plusieurs jours à Alger, à l'invitation de la Chambre algérienne de commerce et d'industrie, dans le but explicite de relancer le dialogue entre les deux pays après une longue période de tensions diplomatiques.
Cette mission s'inscrit dans un contexte bilatéral délicat, marqué par des désaccords politiques, mémoriels et migratoires qui ont souvent mis Paris et Alger à couteaux tirés. Il s'agit néanmoins d'une visite hors des canaux habituels, Ségolène Royal n'agissant pas en tant que représentante du gouvernement français.
Au cours de son séjour, elle a été reçue par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, dans une audience élargie aux principaux conseillers et ministres, ce qui a été interprété comme un signal mesuré de reprise des échanges officieux entre les deux capitales.
Un coup d'épée dans l'eau ?
Elle va plaider pour une « amitié réparée » fondée sur le respect mutuel, la reconnaissance de l'histoire coloniale commune et le respect de la souveraineté nationale de l'Algérie, des points sensibles qui alimentent depuis des mois le malaise diplomatique.
Ségolène Royal a souligné l'importance de mettre en lumière les éléments positifs de la relation franco-algérienne, notamment les partenariats économiques, culturels et éducatifs, tout en reconnaissant les blessures historiques liées à la colonisation. Elle a également insisté sur le rôle de l'AFA pour encourager des coopérations concrètes dans les domaines économiques et sociaux, au-delà des querelles politiques.
La présidente de l'association a rencontré des acteurs économiques algériens et français à la Chambre de commerce et d'industrie algéro-française, où a été évoquée la nécessité de renforcer les échanges commerciaux et d'attirer davantage d'investissements bilatéraux, un volet pragmatique de sa mission à Alger.
Cette visite très médiatisée intervient alors que les relations entre Paris et Alger ont connu des crises récentes, y compris un « gel » diplomatique et des désaccords sur des questions historiques et migratoires, même si les canaux de communication commencent à se rouvrir après une période d'interruption. La démarche de Ségolène Royal, bien qu'elle n'ait pas de mandat gouvernemental officiel, est perçue comme une tentative de réchauffement prudent des relations, en particulier sur les plans économiques et socioculturels.