La motion de censure du Rassemblement national (RN) contre le gouvernement Lecornu a été repoussée à l’Assemblée nationale ce 27 janvier au soir, avec seulement 140 voix en sa faveur, loin des 289 requises pour être adoptée. Quelques dizaines de minutes plus tôt, la motion de censure déposée par la gauche – hors Parti socialiste -, n'avait réuni que 267 voix.
« Dans l’histoire budgétaire de notre pays, il y aura une trace nette », avait lancé avant le vote le Premier ministre français, estimant que « la seule question militaire aurait dû conduire les partis politiques à traiter cette séquence budgétaire autrement ».
« Pour le gouvernement, cet effort militaire constitue à lui seul une raison suffisante d’engager sa responsabilité », a-t-il ajouté avant de concéder : « s'il n'y avait pas eu cette question militaire, j'aurais pu être tenté de laisser les débats se poursuivre encore et ne pas engager les dispositions de l’article 49.3 de la Constitution ».
« J’entends certains parler de victoire », avait lancé depuis la tribune de l’Assemblée nationale, durant l’examen des deux motions de censure, le député insoumis de Haute-Garonne, Hadrien Clouet. « À quoi ressemble le mur des victoires au siège du Parti socialiste ? Vous avez un mur et vous avez affiché Azincourt, Bérézina, Trafalgar, budget Lecornu ? Enfin, à quoi peut bien ressembler votre imaginaire de la victoire politique ? », a-t-il ironisé après avoir égrainé les renoncements du PS au cours de cet exercice budgétaire.
Le projet de loi de finances transmis au Sénat
Du côté du camp présidentiel, on souligne le temps « englouti » au palais Bourbon par les motions de censure. « 150 heures de débats », a fustigé la députée Ensemble pour la République Julie Delpech. « Nous voilà à débattre des mêmes motions de censure, déposées par les mêmes groupes politiques, cosignées par les mêmes députés. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie », a déclaré cette élue de la Sarthe, lisant ses fiches.
Ces motions ont été déposées en réaction à la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu de recourir à l’article 49.3 de la Constitution afin de faire adopter la partie dépenses et l’ensemble du budget de l’État sans vote au Parlement. La partie recettes a quant à elle été adoptée le 23 janvier, après le rejet de deux motions de censure.
Ces motions ont été déposées le 23 janvier, en réaction à la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu de recourir à l’article 49.3 de la Constitution afin de faire adopter la partie dépenses et l’ensemble du budget de l’État sans vote au Parlement. Annonce – et dépôt – faite dans la foulée de l’adoption de la partie recettes, après le rejet de deux motions de censure.
Ainsi adopté en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale, le projet de loi de finances a été transmis au Sénat, où il doit être examiné le 29 janvier au matin, avant un retour au palais Bourbon pour une adoption définitive.