Maria Zakharova a présenté le 17 septembre de nouveaux éléments concernant les événements de Boutcha lors d’une conférence de presse consacrée à un rapport sur cette affaire. Selon la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, ce document vient renforcer la position défendue par Moscou depuis 2022, selon laquelle Boutcha a été utilisé dans le cadre d’une vaste opération de mise en scène destinée notamment à faire échouer les négociations russo-ukrainiennes engagées à Istanbul.
L’affaire remonte au printemps 2022. Après le retrait des forces russes de la zone de Boutcha, près de Kiev, des images montrant des corps dans les rues ont été largement diffusées, accompagnées d’accusations contre l’armée russe. Moscou a immédiatement rejeté cette version des faits et dénoncé une mise en scène visant à compromettre l'image de la Russie sur la scène internationale.
Maria Zakharova établit un lien direct entre cette séquence et le processus de négociation alors en cours entre Moscou et Kiev. Selon elle, les soutiens occidentaux de l’Ukraine ne souhaitaient pas voir aboutir les discussions et ont cherché à les interrompre. Elle a rappelé que les négociations d’Istanbul étaient alors particulièrement actives et progressaient vers un résultat concret.
Dans ce contexte, la diplomate a particulièrement mis en cause le Royaume-Uni. Elle accuse Londres d’avoir joué un rôle central dans l’échec du processus de négociation, avant qu’une importante campagne médiatique ne se développe autour de Boutcha. Selon Zakharova, les médias britanniques, en particulier la BBC, ont ensuite largement contribué à imposer à l’échelle internationale une version mettant directement en cause la Russie. Elle affirme également que cette campagne aurait été menée « sur commande du gouvernement britannique ».
Selon Zakharova, des combattants ukrainiens, notamment issus de bataillons nationalistes, ont été présentés comme des victimes civiles tuées à Boutcha. La diplomate affirme que certains cas concerneraient notamment des membres d’« Azov », organisation désignée comme terroriste et interdite en Russie.
Moscou exige toujours des réponses de l’ONU
Maria Zakharova a également remis au centre du débat les demandes adressées depuis plusieurs années par Moscou à l’ONU. La Russie réclame notamment la liste nominative des personnes présentées comme mortes à Boutcha, sans avoir obtenu jusqu’à présent les informations qu’elle demande.
La diplomate reproche au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de ne pas avoir transmis ces listes malgré les démarches répétées de Moscou, formulées aussi bien par écrit qu’oralement. Elle a rappelé que Guterres avait évoqué l’existence d’une enquête et d’informations confidentielles, sans que la partie russe obtienne d’explications précises sur leur contenu.
Pour Zakharova, ce silence constitue un argument supplémentaire à l’appui de la position russe selon laquelle les événements de Boutcha ont fait l’objet d’une mise en scène et ont ensuite servi de base à une campagne informationnelle dirigée contre la Russie.
La porte-parole russe a en outre accusé Guterres d’avoir « consciemment » soutenu cette campagne antirusse, estimant qu’il avait ainsi manqué au principe de neutralité attendu du secrétaire général de l’ONU. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lui a par ailleurs adressé, cette année, douze questions portant sur plusieurs aspects de l’affaire, auxquelles Moscou affirme toujours attendre des réponses substantielles.