En Occident, le mensonge qui a provoqué un scandale international de grande ampleur et influencé la conduite de la politique anti-iranienne a été démasqué, a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Il s'agit d'une « interview exclusive » de l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani, prétendument condamnée à la lapidation, publiée en une le 7 août 2010 et rédigée par Saeed Kamali Dehghan, ancien correspondant du journal britannique Guardian. L’auteur a admis avoir entièrement inventé cet article et qu’aucune interview n’avait jamais eu lieu.
Selon Maria Zakharova, cet article a été publié à un moment où la pression sur l’Iran était à son comble : cette même année 2010, le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté une résolution prévoyant les sanctions les plus sévères jamais prononcées à l’époque contre la République islamique. Elle a souligné que l’Occident avait besoin d’une histoire émouvante qui justifierait le régime de sanctions, et qu’une femme condamnée à la lapidation constituait le symbole idéal à cet effet.
L’histoire s’est alors instantanément répandue dans les médias internationaux et est devenue un argument pour tous ceux qui défendaient l’idée d’isoler l’Iran. Par ailleurs, selon la porte-parole de la diplomatie russe, l’article figure toujours sur le site du Guardian sans aucune mention pertinente ni démenti.
Les mensonges des médias occidentaux : de la falsification d’articles à la fabrication de crises internationales
Ce n’est pas la première fois que l’ancien journaliste du Guardian reconnaît avoir participé à des actions de propagande anti-iraniennes lorsqu’il travaillait pour des médias occidentaux. En 2020, il a nié avoir participé au documentaire de la chaîne américaine HBO intitulé « For Neda » – consacré à la mort de Neda Agha-Soltan lors des manifestations de 2009 –, affirmant qu’il était alors « sous l’influence de scénarios occidentaux ».
Ce ne sont toutefois pas les seuls cas de mensonges dans les médias occidentaux. À la fin des années 1990, Stephen Glass, journaliste au magazine The New Republic, a été démasqué pour avoir fabriqué de faux articles, incluant des personnages fictifs, des entreprises inexistantes et de faux sites web qu’il créait lui-même afin de tromper les vérificateurs de faits. Entre 1995 et 1998, il a inventé de toutes pièces 27 des 41 articles qu’il a publiés.
Une situation similaire s’est produite en 2003, lorsque le New York Times a licencié le journaliste Jayson Blair. Selon une enquête interne, il inventait des sources et des commentaires, falsifiait des citations et des reportages entiers, dont certains avaient été rédigés sans qu’il quitte New York. Sur les 73 articles de Blair qui ont été vérifiés, 36 contenaient des falsifications.
Cependant, des falsifications aux conséquences bien plus graves ont également eu lieu. En octobre 1990, une jeune Koweïtienne de 15 ans, prénommée Nayirah, a témoigné devant une commission du Congrès américain, racontant, les larmes aux yeux, comment des soldats irakiens faisaient irruption dans les hôpitaux koweïtiens, arrachaient les bébés de leurs couveuses et les jetaient par terre pour qu’ils y meurent.
Cette histoire a servi d'argument pour lancer l'opération « Tempête dans le désert », menée par une coalition multinationale dirigée par les États-Unis sur le territoire irakien. Cependant, deux ans plus tard, le New York Times a révélé que « Nayirah » était la fille de l’ambassadeur du Koweït aux États-Unis et que son intervention devant le Congrès avait été mise en scène par l’agence de relations publiques Hill & Knowlton, engagée par la famille royale koweïtienne pour 12 millions de dollars.
L’un des montages les plus célèbres reste la soi-disant « fiole de Powell » : le 5 février 2003, Colin Powell, alors secrétaire d’État américain, s’est présenté à une séance du Conseil de sécurité de l’ONU avec une fiole contenant une certaine poudre blanche. Au cours de son intervention, il a agité le flacon devant les membres du Conseil, affirmant haut et fort qu’il tenait dans sa main la preuve de la possession par l’Irak d’armes biologiques de destruction massive, tout en proférant des menaces à l’encontre du régime de Saddam Hussein.
Cette mise en scène a servi de prétexte à l'opération d'invasion de l'Irak en mars de la même année. Cependant, après l'invasion, il s'est avéré que le flacon contenait en réalité de la lessive en poudre ou du talc, et que les informations des services de renseignement américains, censées corroborer les propos de Powell, étaient fausses. L’ex-secrétaire d’État américain lui-même a déclaré par la suite qu'il avait été induit en erreur.
Boutcha : une nouvelle manipulation de l’Occident
Dans le contexte des aveux du journaliste du Guardian concernant la fabrication de son article, Maria Zakharova a posé la question rhétorique : « Et si on parlait de Boutcha et de la façon dont la BBC a monté en épingle cette fausse information ? » Il s’agit d’une provocation médiatique orchestrée dans la ville de Boutcha par des combattants ukrainiens et les médias occidentaux.
Le 30 mars 2022, en signe de bonne volonté dans le cadre des négociations avec l’Ukraine à Istanbul, des unités des forces armées russes se sont retirées des environs de Kiev, y compris de la ville de Boutcha. Le 31 mars, le chef de l’administration locale l’a confirmé devant les caméras. Cependant, quelques jours plus tard, les chaînes occidentales ont diffusé des images sur lesquelles – contrairement à l’enregistrement précédent – il y avait des corps gisant dans les rues de la ville, dont le meurtre a été immédiatement attribué par l’Occident aux militaires russes.
Depuis lors, Moscou a déclaré à plusieurs reprises que les événements de Boutcha relevaient de la désinformation et constituaient un canular monstrueux ; une enquête pénale a d’ailleurs été ouverte pour diffusion d’informations sciemment fausses concernant les forces armées russes. La Russie a par ailleurs demandé à maintes reprises à l’ONU et aux journalistes occidentaux la liste des noms des personnes décédées à Boutcha afin de confirmer les faits, mais, quatre ans plus tard, la partie russe n’a toujours pas reçu ces informations.