Lors d’un entretien accordé ce 22 août au journaliste Pavel Zaroubine, Vladimir Poutine est revenu sur l’intensification des frappes russes en Ukraine. Le président russe a expliqué qu’elle répondait à une campagne ukrainienne de missiles et de drones contre des objectifs civils et logistiques en Russie, destinée à obtenir un résultat stratégique en 40 jours. Il a rappelé que cette période s’était achevée le 5 août.
Le président russe a qualifié cette campagne de nouvelle « aventure » de Kiev et de ses soutiens occidentaux. Il a rappelé que les frappes ukrainiennes visaient, selon les objectifs annoncés, à porter atteinte à plusieurs secteurs de l’économie russe et à fragiliser l’unité de la société.
Vladimir Poutine a également estimé que cette escalade reposait davantage sur des considérations politiques et médiatiques que sur une évaluation réaliste de la situation. Il a notamment évoqué les difficultés économiques et sociales de l’Ukraine, ainsi que la corruption qui, d’après lui, fragilise le pays.
« Le résultat final pour l’adversaire s’est révélé directement opposé aux attentes », a affirmé Vladimir Poutine, ajoutant qu’« aucun tournant » et aucun avantage pour Kiev n’avaient résulté de cette campagne. Il a toutefois souligné que les frappes ukrainiennes avaient provoqué des dégâts économiques et des pertes humaines en Russie, qualifiant de « tragédie » la mort de chaque civil.
Une réponse russe renforcée sur le terrain
Vladimir Poutine a estimé que Kiev avait lui-même « fait sortir le génie de la bouteille » en frappant des installations civiles russes. La réponse, a-t-il assuré, « n’a pas tardé ». Moscou a intensifié ses frappes contre des entreprises du secteur militaro-industriel ukrainien, notamment à Kiev, ainsi que contre des infrastructures liées à la logistique, en réponse notamment aux attaques visant l’industrie civile russe. « J’avais prévenu : il y aura toujours une réponse », a-t-il déclaré.
Le président russe a qualifié ces opérations d’« efficaces » et d’« opportunes ». Il a expliqué qu’elles perturbaient l’arrivée des équipements et des munitions, compliquaient les rotations ukrainiennes et réduisaient les capacités de l’industrie de défense. Il a également affirmé que les pays occidentaux participaient directement à l’amélioration des armements ukrainiens et que la réponse russe était « beaucoup plus sensible et beaucoup plus destructrice » pour Kiev.
Évoquant la situation militaire, Vladimir Poutine a affirmé que les forces russes avaient accéléré leur progression et continuaient de remplir leurs objectifs. Il a également estimé que des « tendances catastrophiques » se dessinaient pour les autorités de Kiev. Concernant les attaques contre des civils russes, il a par ailleurs comparé leurs auteurs aux « néonazis », qu’il a accusés de tirer une forme de satisfaction de ces frappes.
Moscou maintient la porte ouverte au dialogue
Sur le volet diplomatique, Vladimir Poutine a affirmé que les autorités ukrainiennes cherchaient désormais, notamment par l’intermédiaire de différents canaux, à sortir d’une situation qu’elles avaient elles-mêmes provoquée. Il a indiqué que plusieurs pistes d’accord faisaient actuellement l’objet de prises de contact.
Le président russe a toutefois qualifié certaines propositions transmises à Moscou d’« exotiques » et d’« inacceptables ». « Nous sommes toujours prêts au dialogue, mais uniquement sur la base des réalités qui se dessinent sur le terrain », a-t-il déclaré à Pavel Zaroubine. Il n’est pas entré dans le détail des pistes évoquées, précisant que certaines avaient déjà été avancées auparavant sous d’autres formes, et a jugé prématuré de définir ce qui pourrait constituer la base d’un futur compromis.