« Tous les pays occidentaux, qui nous ont déclaré la guerre par l'intermédiaire des mains et des corps du régime nazi de Kiev, espéraient depuis des années que nous viendrions négocier avec eux. Nous n'irons pas négocier avec eux. Dans l'Europe d'aujourd'hui, il n'y a personne avec qui négocier », a déclaré, ce samedi 22 août, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l'issue de la séance plénière de la deuxième phase du XXIIIe congrès du parti Russie unie.
Sergueï Lavrov a également assuré que la confrontation avec les pays occidentaux n'empêcherait pas la Russie de poursuivre son développement et de se fixer des objectifs ambitieux. Le gouvernement entend, selon lui, continuer à travailler au développement socio-économique du pays et à la défense des intérêts de ses citoyens.
Le chef de la diplomatie russe a estimé que ces objectifs seraient atteints malgré la guerre déclarée contre la Russie. D'après lui, celle-ci viserait à détruire ou à morceler le pays, ou, selon une formulation désormais privilégiée en Occident, à lui infliger une « défaite stratégique ».
Le ministre a par ailleurs insisté sur la cohésion de la société russe. Il a affirmé que la société russe était aujourd'hui plus unie que jamais. Selon lui, la majorité des citoyens comprennent pourquoi la Russie mène son opération militaire en Ukraine.
Lavrov rejette l'idée d'un gel du conflit sur la ligne de contact
Le ministre s'est aussi opposé à l'hypothèse d'un cessez-le-feu qui laisserait inchangée la situation de part et d'autre de la ligne de contact. Il réagissait notamment à l'idée, avancée par des responsables européens, de déployer en Ukraine des « forces de stabilisation » en cas de trêve.
Sergueï Lavrov a estimé que l'acceptation d'un tel scénario reviendrait à laisser subsister, de l'autre côté de la ligne de front, un régime nazi. Il a notamment reproché aux autorités ukrainiennes d'avoir interdit par la loi l'usage d'une langue entière, faisant allusion à la langue russe.
Le ministre a ensuite élargi son propos à l'Europe. Selon lui, les « métastases du nazisme » qui y avaient pris racine ces dernières années avant de gagner l'Ukraine seraient, dans le cadre d'un tel cessez-le-feu, non seulement préservées, mais aussi renforcées et susceptibles de continuer à se développer. Une telle issue constituerait, à ses yeux, une trahison de l'héritage des générations qui ont vaincu le nazisme.
Lavrov a établi à cet égard un parallèle avec les accords de Minsk. Selon lui, si la Russie s'arrêtait aujourd'hui sur la ligne de contact, le même scénario se reproduirait : cette période serait utilisée pour renforcer militairement l'Ukraine, comme cela avait été le cas après la signature des accords de Minsk.
Des tentatives d'ingérence vouées à l'échec
Le ministre russe des Affaires étrangères a également fait état d'une multiplication des tentatives occidentales visant à perturber les élections à la Douma prévues en septembre.
Il a toutefois affirmé que leurs chances d'aboutir seraient nulles. Sergueï Lavrov a assuré que les forces de l'ordre et les services de sécurité russes prendraient les mesures nécessaires pour empêcher de telles actions dès leur apparition.