Les autorités lettones ont l'intention d'étendre les restrictions sur le commerce avec la Russie et la Biélorussie, en ajoutant à la liste des produits dont l'importation sur le territoire national est interdite les bonbons, les caramels, le chocolat, les biscuits et autres pâtisseries à base de farine, les sauces, les soupes toutes prêtes, les boissons non alcoolisées et la bière provenant de ces deux pays, a rapporté le 11 août le site letton Press.lv. Selon les auteurs de l'article, le gouvernement a approuvé les amendements proposés par le ministère de l'Agriculture, qui renforcent l'interdiction nationale d'importer ces produits en provenance de Russie et de Biélorussie.
Press.lv précise que cette restriction s'appliquera quel que soit l'itinéraire de livraison : les produits d'origine russe et biélorusse ne pourront pas être importés sur le marché letton, même via des pays tiers. En revanche, le transit par la Lettonie et les livraisons vers d'autres États membres de l'UE ne sont pas concernés par ces restrictions, affirme l'article.
Interdiction d'importer du chocolat et de la bière pour des raisons de « moralité publique » et de « sécurité »
Le lendemain, le 12 août, le site Euractiv a rapporté, en citant une source, que la Commission européenne avait soutenu l'instauration par la Lettonie de sanctions unilatérales sur les importations de produits russes. Un porte-parole de la Commission a souligné que, bien que la politique commerciale relève de la compétence exclusive de l'UE, il existe des exceptions permettant à certains pays d'imposer de leur propre chef des restrictions, notamment des mesures fondées sur des considérations de « moralité publique, de politique publique ou de sécurité publique ». Selon Bruxelles, le gouvernement letton a justifié sa décision précisément par ces considérations.
D'après Euractiv, la Lettonie a pris cette mesure après que la Commission européenne n'a pas réussi à rassembler un soutien suffisant pour instaurer des restrictions sur le poisson russe au niveau de l'UE. Cette question s'est avérée trop sensible pour les États membres qui transforment d'importants volumes de poisson blanc, tels que la morue et le colin. De plus, la liste des personnes et des organisations déjà visées par des sanctions est devenue si longue qu'il est de plus en plus difficile d'identifier de nouvelles cibles susceptibles de faire l'objet d'un consensus unanime.
La Russie, pour sa part, considère les sanctions occidentales comme illégales. Le Kremlin a déclaré à plusieurs reprises que l'économie russe continuait de fonctionner malgré le grand nombre de sanctions imposées par les pays occidentaux. En juillet 2025, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a également souligné que la Russie avait développé une certaine immunité face à ces restrictions.