La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a dénoncé la tournure prise par la conférence de presse du président serbe Aleksandar Vucic et de Volodymyr Zelensky, qui s'est tenue le 8 août à Belgrade et qu'elle juge « teintée de brun » par Michael Martens, journaliste du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), qui a posé la question suivante : « Pouvez-vous nous dire ce que nous, Européens, pouvons concrètement faire pour vous aider à tuer davantage de Russes ? »
Elle a notamment souligné l'absence de réaction de la part des pays occidentaux. « Et que fait la communauté internationale ? Quelqu'un en Occident a-t-il condamné les propos revanchards de ce nazi de père en fils ? Où sont donc tous ces fameux défenseurs des droits de l'homme, journalistes et humanistes si prompts à s'indigner au moindre propos intolérant ou au moindre discours de haine ? Silence. Silence de mort. Parce que pour ce monde prétendument "civilisé", ce petit-fils de nazi n'a fait que dire tout haut ce qu'ils pensent tous tout bas. Mais au lieu "d'infliger une défaite stratégique à la Russie", il a littéralement parlé de "tuer des Russes". Désormais, quiconque lui serrera la main se retrouvera lui aussi souillé par quelque chose de marron », a écrit la porte-parole de la diplomatie russe sur sa chaîne Telegram.
Après avoir rappelé que le grand-père de Martens était un officier nazi, Maria Zakharova a souligné qu'en 2024, le journaliste allemand avait écrit sur les réseaux sociaux qu'avant son voyage à Wroclaw, il avait décidé de ne participer à aucun débat politique sur Israël, car « en tant qu'Allemand et descendant d'un officier supérieur de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale », il estimait devoir garder le silence. « Voilà donc la tolérance en action et la morale dans un camp de concentration. Martens est un véritable propagandiste de la peste brune, qui relaie des propos xénophobes, contribue à la déshumanisation des Russes et à la légitimation d'un discours de haine à l'égard de la Russie », a-t-elle noté.
L’Union des journalistes de Russie exige le licenciement de Martens
Les propos anti-russes de Michael Martens ont conduit l'Union des journalistes de Russie à exiger que des sanctions soient prises à l'encontre du journaliste allemand. Selon le président de l'Union, Vladimir Soloviov, cité par TASS, l'organisation russe a insisté pour que le correspondant soit licencié et fasse l'objet de sanctions professionnelles, car un tel comportement constitue une violation flagrante des normes professionnelles et morales.
Cependant, l'Union des journalistes de Russie a exprimé ses doutes quant à la capacité des associations professionnelles occidentales à évaluer cet incident à sa juste valeur. Selon Vladimir Soloviov, il ne faut pas compter sur une réaction de la part de l'Union allemande des journalistes, pas plus que sur celle des fédérations internationales, qui s'efforcent de fermer les yeux sur ce genre d'attaques contre la Russie, tout comme sur la mort de journalistes russes.
Dans le même temps, en Allemagne, une pétition a été lancée pour réclamer le licenciement de Michael Martens. Selon ses initiateurs, ce représentant d'un groupe de presse allemand, qui a ouvertement parlé de « meurtre de Russes », a franchi les limites de l'impartialité journalistique. La pétition appelle la direction de la FAZ à se distancier des propos du journaliste et à prendre des mesures disciplinaires, car par ses propos, Martens porte atteinte à la réputation de toute la profession. Au matin du 10 août, plus de 2 800 personnes avaient signé cette pétition.
« La Wehrmacht et la SS auraient difficilement pu formuler leur objectif de guerre plus clairement »
Sevim Dagdelen, experte en politique étrangère du parti allemand Alliance Sahra Wagenknecht - Pour la raison et la justice, s'est dite consternée par la déclaration du journaliste allemand sur le meurtre des Russes. Sur son compte X, elle a écrit : « La Wehrmacht et la SS auraient difficilement pu formuler leur objectif de guerre plus clairement. »
La veille, le correspondant militaire russe Alexandre Kots a commenté des déclarations anti-russes de Michael Martens en évoquant le grand-père du journaliste allemand, Hans-Hermann Martens, qui, de 1941 à 1943, avait été officier au sein de l'état-major de la Wehrmacht (Wehrmachtführungsstab), l'état-major chargé de la direction opérationnelle du commandement suprême de la Wehrmacht, et avait également occupé le poste de procureur général après avoir été nommé par décret personnel d'Hitler. Les propos de Martens n'ont pas non plus échappé aux internautes, qui ont noté ses tendances nazies et la similitude de ses déclarations avec celles prônant le génocide.
Les déclarations anti-russes appelant à « tuer les Russes » se font de plus en plus fréquentes en Occident. Plus tôt en août, Maria Zakharova a condamné les propos du président polonais Karol Nawrocki, qui avait déclaré : « Là où l'on frappe les Russkoffs, la Pologne apporte son aide ». La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères avait alors accusé le dirigeant polonais d'utiliser régulièrement un « langage de haine » à l'encontre des Russes, soulignant notamment l'emploi du terme péjoratif « Russkofs ». Des situations similaires se sont également produites en Australie, où un article a été publié en juillet dernier expliquant comment des instructeurs polonais enseignaient aux militaires ukrainiens à « mieux tuer les Russes », une rhétorique que l'ambassade de Russie en Australie a fermement condamnée.