Russie

Lavrov : l’Europe et Kiev «tentent de détourner» Trump de ses propositions formulées en Alaska et acceptées par la Russie

Sergueï Lavrov a affirmé que Moscou avait bel et bien accepté les propositions de paix présentées par Donald Trump lors du sommet en Alaska, malgré les informations contraires diffusées par les médias. Il a fustigé le cynisme de Kiev et de l’Europe, qu’il a accusés de tenter de détourner le président américain de son propre plan de règlement.

La Russie a accepté les propositions présentées par Donald Trump lors du sommet d’Alaska sur le règlement du conflit ukrainien, a réaffirmé Sergueï Lavrov le 17 juillet. Le ministre russe des Affaires étrangères s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’issue de ses entretiens à Moscou avec son homologue azerbaïdjanais, Jeyhun Bayramov.

Lavrov a réagi à un article du Washington Times selon lequel Moscou serait en train de laisser passer une occasion « avantageuse » d’obtenir un assouplissement des sanctions et de développer sa coopération économique avec les États-Unis. Cette ouverture aurait été proposée par Trump à la Russie, à condition qu’elle participe au processus de règlement du conflit ukrainien.

Dans ce contexte, Sergueï Lavrov a affirmé que les auteurs de l’article « n’avaient aucune conscience », réitérant que Moscou avait accepté les propositions de Donald Trump. Selon lui, l’Europe et Volodymyr Zelensky « tentent de détourner » le dirigeant américain de ses propres propositions.

Lavrov a également affirmé que le régime de Kiev redoutait de voir la crise au Moyen-Orient détourner l’attention occidentale du conflit ukrainien et réduire le soutien inconditionnel dont il bénéficie. Il a estimé que la situation au Moyen-Orient éloignait également l’attention des États-Unis, que l’Europe cherche à rallier à un soutien sans équivoque à Kiev.

Le ministre russe des Affaires étrangères a affirmé qu’en matière de règlement du conflit ukrainien, la Russie avait fait preuve à maintes reprises de bonne volonté depuis 2014. Moscou avait soutenu les accords conclus entre les dirigeants ukrainiens et l’opposition, ainsi que les initiatives de l’Union européenne, représentée par l’Allemagne et la France. Lavrov a toutefois estimé qu’aucun de ces accords n’avait été respecté par les autorités de Kiev.

Les risques pour la sécurité au Moyen-Orient persistent, affirme Lavrov

Le chef de la diplomatie russe a également évoqué la situation au Moyen-Orient. Il a affirmé que la Russie était en contact avec les parties impliquées dans le conflit et appelait à un cessez-le-feu. Il a toutefois déploré que la crise dans le détroit d’Ormuz s’éternise, au détriment de l’économie mondiale et des voies de transport internationales.

Sergueï Lavrov a également souligné la persistance des risques dans la région. Selon lui, le mémorandum conclu entre l’Iran et les États-Unis en vue d’un règlement n’est pas respecté, ce qui entretient les menaces pesant sur la sécurité régionale. Il a ajouté que les dirigeants israéliens avaient publiquement déclaré ne pas être liés par les dispositions du mémorandum, tout en poursuivant leur politique dans le sud du Liban et de la Syrie. Certains pays du Moyen-Orient ne souhaiteraient par ailleurs pas voir l’Iran se réconcilier avec ses voisins arabes, a-t-il affirmé.

Des risques persistent également sur le plan économique, a indiqué le ministre russe. Outre la menace pesant sur le détroit d’Ormuz, l’une des principales artères commerciales de la région, les Houthis pourraient bloquer le détroit de Bab el-Mandeb si les hostilités contre l’Iran se poursuivaient. Un tel scénario aurait des conséquences très néfastes pour le commerce mondial, notamment pour le marché pétrolier.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, les États-Unis ont de nouveau attaqué le territoire iranien. Leurs attaques ont visé un aéroport ainsi que plusieurs ponts situés près du détroit d’Ormuz. Téhéran a, pour sa part, riposté en frappant des bases américaines dans la région.