Des représentants de la France et du Royaume-Uni se sont rendus en Russie pour mener des négociations à huis clos, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors du XIIe forum international scientifique et d’experts Lectures Primakov. Il a fait cette déclaration en évoquant les récentes critiques formulées par le président français Emmanuel Macron à l’encontre du président du Conseil européen, António Costa.
« Le président Macron a publiquement reproché à António Costa le fait qu’un de ses collaborateurs ait contacté deux fois des représentants à Moscou, affirmant que c’était inacceptable et qu’il fallait se réunir pour trouver une solution ensemble », a raconté Sergueï Lavrov, avant de constater : « Quelle hypocrisie ! Car le président Macron lui-même a envoyé des émissaires que nous avons reçus. Tout comme, soyons honnêtes, des émissaires venus de Londres. »
Le chef de la diplomatie russe a toutefois ajouté que Moscou « connaît la valeur » de ces discussions.
Le ministre russe des Affaires étrangères n’a toutefois pas précisé qui était l’émissaire britannique. Par ailleurs, en novembre dernier, le Financial Times, citant des sources, a affirmé que le conseiller à la sécurité nationale britannique, Jonathan Powell, avait tenté d’établir un contact informel avec Moscou. Selon les sources du journal britannique, il aurait appelé le conseiller du président russe, Iouri Ouchakov.
Début février, L'Express a fait état d'une visite « discrète » à Moscou du conseiller diplomatique du président français Emmanuel Macron, venu rencontrer Iouri Ouchakov. « Soit dit en passant, ce sont les Français eux-mêmes qui ont proposé et demandé cette rencontre, en souhaitant qu’elle reste confidentielle. Mais au final, comme vous le comprenez, ce sont eux-mêmes qui ont fait fuiter cette information », a commenté Lavrov en mars à propos de cette publication.
Début juin, les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni et d’Allemagne se sont rendus au ministère russe des Affaires étrangères pour rencontrer le vice-ministre Mikhaïl Galouzine. Selon Lavrov, ce sont les diplomates qui ont sollicité cette rencontre avec la partie russe. Le chef de la diplomatie russe a souligné la volonté de Moscou d’engager le dialogue, ajoutant que la Russie estimait qu’aucune avancée concrète ne pourrait être envisagée sans signes clairs d’une volonté européenne de discuter sérieusement, au lieu de maintenir une ligne centrée sur le soutien à Kiev.