Vladimir Poutine a reçu, le 12 juin au Kremlin, des militaires russes ayant participé à l’opération spéciale. Devant eux, le président a placé la confrontation actuelle dans un cadre clair : « La Russie fait face, pratiquement seule, à tout l’Occident collectif sous la forme de l’OTAN. » Une formule qui vise directement l’Alliance nord-atlantique et souligne l’ampleur du rapport de force.
Dans la même ligne, Vladimir Poutine a rejeté l’idée selon laquelle Moscou porterait la responsabilité du conflit. Il a affirmé que « ce n’est pas la Russie qui a déclenché la guerre », rappelant que la crise a commencé avec les actions militaires de Kiev contre le Donbass en 2014. Le chef de l’État a souligné que Moscou avait « persuadé pendant huit ans » Kiev de régler pacifiquement la question de cette région, où vivent des populations russes et russophones.
Le Donbass et l’échec de la voie pacifique
Le président russe a ensuite accusé l’Occident d’avoir utilisé les accords de Minsk pour donner au régime de Kiev le temps de se réarmer. La Russie a attendu pendant huit ans une solution négociée, avant de constater que cette voie ne menait à aucun résultat. Moscou a alors dû défendre ses intérêts et les habitants du Donbass par d’autres moyens.
Vladimir Poutine a insisté sur la solidité intérieure du pays. Il a déclaré que personne n’avait jamais réussi à infliger une défaite stratégique à la Russie, et que cela n’arriverait jamais. Le président a résumé cette idée par une formule directe : « Personne d’autre que nous n’a besoin de la Russie. » Il a ajouté que seul le peuple russe était capable de protéger, renforcer et développer le pays.
Une réponse russe appelée à se renforcer
Poutine a également reconnu le haut niveau technologique, scientifique et économique des pays de l’OTAN. Il a estimé qu’il fallait leur « rendre hommage » sur ce point. Mais il a aussi souligné que ces mêmes pays avaient désormais compris qu’il était impossible de vaincre la Russie.
Le président russe a également affirmé que certains États entrés dans l’OTAN après 2022 l’avaient fait dans l’espoir d’obtenir une « part du gâteau » en cas de défaite russe. À ses yeux, l’Occident s’est précipité en annonçant vouloir infliger une défaite stratégique à Moscou, en sous-estimant la capacité de résistance de la Russie.
Sur le plan économique, Poutine a reconnu que les frappes ukrainiennes causaient quelques dégâts, tout en soulignant la capacité de rétablissement rapide du pays. Il a affirmé que « tout se rétablit rapidement » et que l’adversaire ne pourrait pas créer de problèmes sérieux à l’économie russe. Il a aussi indiqué que Moscou renforcerait sa défense antiaérienne et augmenterait ses frappes de réponse afin de dissuader les attaques ukrainiennes contre des objectifs civils russes.
Enfin, le président russe a replacé cette confrontation dans une perspective historique. Il a rappelé que les ennemis et adversaires de la Russie s’étaient déjà unis contre elle par le passé, notamment à l’époque de Napoléon et d’Hitler. Pour Vladimir Poutine, la réponse reste aujourd’hui la même : l’unité d’un peuple multinational, capable de défendre seul son pays face aux pressions extérieures.