Russie

Rosatom et l’AIEA poursuivent leurs échanges sur la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporojié

La sécurité de la centrale nucléaire de Zaporojié reste au cœur des échanges entre Rosatom et l’AIEA. Après un nouvel entretien entre Alexeï Likhatchov et Rafael Grossi, Moscou met l’accent sur les risques liés aux attaques ukrainiennes et sur la nécessité de réparer la ligne électrique Dneprovskaïa grâce à un cessez-le-feu local temporaire.

Le directeur général de Rosatom, la société d’État russe spécialisée dans l’énergie nucléaire, Alexeï Likhatchov, a annoncé avoir eu un nouvel échange téléphonique avec Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le 4 juin. Selon un communiqué officiel de Rosatom publié le 5 juin, la discussion a surtout porté sur « la situation particulièrement grave » autour de la centrale nucléaire de Zaporojié et dans la ville d’Energodar.

Rosatom avait déjà indiqué que les deux responsables avaient évoqué la sécurité du site en début de semaine, dans un contexte de frappes ukrainiennes intensifiées. Alexeï Likhatchov a averti que ces attaques quotidiennes font peser une menace réelle sur la sûreté nucléaire, non seulement pour la centrale, mais aussi pour l’ensemble de l’Europe.

Le dossier sera également abordé lors de consultations interministérielles prévues le 10 juillet à Kaliningrad. Ces échanges se tiendront dans un format élargi, avec des représentants du ministère russe de la Défense et de la Garde nationale russe. Ils porteront sur la sécurité de la centrale et sur les risques liés aux attaques répétées contre ses infrastructures.

Un cessez-le-feu local pour engager les réparations

Face à ces risques, un régime de silence, soit un cessez-le-feu local près de la centrale, est entré en vigueur le 5 juin à 6 heures. Il doit se poursuivre jusqu’au 23 juin et permettre le lancement des travaux de réparation sur la ligne électrique « Dneprovskaïa ». Alexeï Likhatchov a rappelé qu’il s’agit du sixième régime de ce type obtenu au cours de l’année écoulée.

Cette ligne fait partie des infrastructures extérieures importantes pour le fonctionnement sécurisé du site. Elle est hors service depuis le 24 mars, après avoir été endommagée dans le contexte des attaques ukrainiennes. L’AIEA a participé aux efforts diplomatiques visant à obtenir cette pause, discutée depuis la fin du mois de mars.

Alexeï Likhatchov a remercié le ministère russe des Affaires étrangères, le ministère russe de la Défense et la Garde nationale pour leur coopération. Rosatom met ainsi en avant la nécessité de maintenir un dialogue technique avec l’AIEA et de préserver la sûreté nucléaire par des mesures concrètes, malgré les attaques visant la zone de la centrale.

Rosatom met en avant son projet nucléaire en Ouzbékistan

L’échange entre Alexeï Likhatchov et Rafael Grossi a aussi porté sur le projet de construction d’une centrale nucléaire en Ouzbékistan. Le directeur général de Rosatom a remercié le chef de l’AIEA pour sa présence aux cérémonies marquant le début du chantier.

Alexeï Likhatchov a présenté ce projet comme unique. Il prévoit la construction, sur un même site, d’unités de grande et de petite puissance. Pour Rosatom, cette formule pourrait être reprise à l’avenir dans d’autres pays, la Russie jouant ici un rôle de pionniers.