Russie

Poutine : la Russie peut anéantir quiconque tenterait de détruire des bases sur son territoire

S'exprimant depuis le Kazakhstan, Vladimir Poutine a prévenu que Moscou ripostera fermement à toute attaque contre des bases sur son territoire. Le président russe a balayé l'idée d'une guerre contre l'UE, la qualifiant de «mensonge grossier», tout en estimant que l'avancée russe actuelle montre que le conflit en Ukraine touche à sa fin.

La Russie dispose de tous les moyens nécessaires pour « anéantir » quiconque tenterait de frapper ses installations militaires et ses forces de défense aérienne sur son territoire, a déclaré le 29 mai le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse à l'issue de sa visite au Kazakhstan. C'est ainsi qu'il a commenté les propos du ministre lituanien des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, selon lesquels les pays baltes membres de l'OTAN ont les moyens, si nécessaire, de raser complètement les bases de défense aérienne russes dans la région de Kaliningrad.

Le chef de l'État russe a également répondu à une question sur la possibilité de lancements de drones ukrainiens contre le territoire russe depuis la Lettonie. Cette hypothèse se fonde notamment sur un rapport du Service de renseignement extérieur russe, selon lequel les forces armées ukrainiennes pourraient utiliser le territoire des pays baltes pour mener des frappes contre la Russie. Dans ce contexte, le président russe a souligné que tous les lieux représentant une menace militaire directe pour la Russie constituent des cibles légitimes.

Les déclarations sur la préparation de la Russie à une guerre contre l’UE : « un mensonge grossier »

Lors de la conférence de presse, Vladimir Poutine a également souligné l’« absurdité » des déclarations des responsables politiques européens concernant une éventuelle guerre contre la Russie en raison des prétendus plans agressifs de cette dernière. « C’est un mensonge. C’est un mensonge grossier et flagrant. Et comme l’a dit Goebbels en son temps : "plus un mensonge est incroyable, plus vite il sera cru". Ce sont ces normes que les responsables politiques et les médias occidentaux intègrent dans leurs pratiques quotidiennes. La Russie n’a jamais eu d’intentions agressives envers les pays européens », a-t-il souligné.

Le président russe a noté que c'était précisément l'OTAN, qui, en « trompant » la Russie avec des promesses de ne pas s'étendre vers l'Est, avait conduit à la tragédie en Ukraine, et qui tentait aujourd'hui de lui faire porter le chapeau et de la présenter comme l'agresseur. Selon lui, Moscou n’a jamais menacé et ne menace pas les pays européens, et tout ce que font ces derniers vise à prolonger la confrontation et à justifier des dépenses budgétaires démesurées.

L’avancée des troupes russes laisse penser que le conflit touche à sa fin

Évoquant le déroulement de l’opération militaire spéciale en Ukraine, Vladimir Poutine a souligné qu’il était actuellement « impossible » de fixer des délais précis pour la fin des hostilités. Selon lui, « ce ne serait pas seulement imprudent, cela ne se fait tout simplement pratiquement jamais ». Il a toutefois indiqué que le conflit touchait à sa fin, comme le démontre clairement la situation sur le champ de bataille. « Nos forces progressent sur tous les axes. Vous le voyez bien, chaque jour », a déclaré le dirigeant russe.

Vladimir Poutine a également confirmé la suspension des négociations de paix. Néanmoins, selon lui, certains contacts sont maintenus, Moscou est prête à poursuivre le processus de règlement du conflit et n’a jamais renoncé aux négociations.

Poutine à propos des médias occidentaux : ce sont des « moyens de désinformation de masse »

Le dirigeant russe a également dénoncé les médias occidentaux, qui ont passé sous silence l’attaque menée par le régime de Kiev contre un collège à Starobelsk, dans la République populaire de Lougansk. « Il m’arrive, moi aussi, de regarder les chaînes occidentales pour comprendre le paysage informationnel qui s’y construit et ce dont on nourrit, avant tout, le téléspectateur européen. Je ne sais pas, vous les regardez peut-être vous aussi. C’est une honte, c’est effrayant. Ils trompent tout simplement leurs propres citoyens », a-t-il déclaré.

« Il y a également eu notre frappe contre la région de Kiev, en réponse à leurs crimes contre les enfants à Starobelsk. Et aussitôt, du matin au soir, on n’a entendu parler que de cela : l’agresseur malveillant a encore frappé, voilà les destructions, voilà les problèmes. Mais vous savez, vous, les représentants des médias, devriez avoir honte de certains de vos collègues. Pas un mot. Pas un seul mot sur la tragédie de Starobelsk, sur la mort de nos enfants », a souligné le chef de l’État russe, ajoutant : « Qu’est-ce que c’est que cela ? Ce sont des moyens d’information de masse ? Non. Ce sont des instruments de désinformation de masse. »

L'attaque ukrainienne contre un collège professionnel dans la République populaire de Lougansk a eu lieu dans la nuit du 21 au 22 mai, faisant 21 morts et 44 blessés. Moscou a condamné cette attaque barbare de Kiev, la qualifiant de « crime monstrueux », et a également dénoncé le silence de l'Occident. En réponse à cet attentat, les forces russes ont frappé le complexe militaro-industriel ukrainien, détruisant des sites liés aux drones et des postes de commandement.