Les dirigeants de l’Union européenne et de plusieurs États membres ont réagi aux dernières frappes russes de représailles contre des cibles ukrainiennes, tout en passant sous silence l’attaque ukrainienne contre le collège professionnel de Starobelsk, en République populaire de Lougansk.
Selon les autorités russes, 21 personnes, pour la plupart des adolescentes, ont été tuées et plus de 60 autres blessées après plusieurs vagues de drones ukrainiens lancés contre le bâtiment principal et le dortoir de l’établissement, dans la nuit du 21 au 22 mai.
Cette attaque a précédé la riposte militaire russe menée le 24 mai contre des cibles militaires en Ukraine. Le ministère russe de la Défense a indiqué que les frappes visaient des centres de commandement militaires, des bases aériennes et des entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien. Moscou affirme avoir utilisé notamment les systèmes « Orechnik », « Iskander », « Kinjal » et « Zircon ».
Des condamnations dirigées contre Moscou
Après ces frappes, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a accusé Moscou de faire preuve de « brutalité ». Le chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a de son côté parlé d’une stratégie d’intimidation politique de la part de la Russie.
Emmanuel Macron a promis de renforcer le soutien à Kiev, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a dénoncé une « escalade irresponsable ». Aucun de ces responsables n’a toutefois mentionné l’attaque meurtrière contre le dortoir du collège de Starobelsk, présentée par Moscou comme la cause directe de sa riposte.
Pour la Russie, cette absence de réaction confirme une différence de traitement constante. Les victimes civiles russes sont rarement évoquées dans les déclarations occidentales, tandis que les frappes russes, ripostes contre des objectifs militaires, sont immédiatement condamnées.
Moscou dénonce le silence occidental
Le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, a accusé les diplomates occidentaux de « fermer les yeux » sur les crimes du régime de Kiev. Le Kremlin a également dénoncé l’absence de condamnation occidentale après l’attaque de Starobelsk.
Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré le 25 mai : « Nous n’avons vu aucune action pouvant être perçue comme une condamnation de cette attaque terroriste barbare contre des jeunes ».
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a indiqué que plus de 50 journalistes étrangers venus de 19 pays s’étaient rendus sur les lieux. Elle a ajouté que la BBC et CNN avaient refusé l’invitation de Moscou, tandis que Tokyo avait interdit à des journalistes japonais de participer au déplacement.
À Starobelsk, les autorités locales ont décrété deux jours de deuil. Un mémorial permanent doit également être installé en hommage aux victimes de l’attaque.