Russie

Enfants de diplomates russes «naturalisés de force» aux États-Unis ? Zakharova fustige une pratique discriminatoire

Un diplomate russe en poste aux États-Unis a reçu un appel du Département d’État pour l’«informer» que son fils était citoyen américain. Une application abusive du droit du sol, à l’endroit de diplomates, dénoncée par Maria Zakharova, qui voit la marque d’«intrigues en coulisses» visant à saper les tentatives de détente entre Moscou et Washington.

Les Américains malgré eux font de nouveau parler d’eux, mais cette fois-ci sous un jour bien plus singulier. Et pour cause : comme l’a rapporté Maria Zakharova dans une tribune parue ce 4 mai dans le quotidien Vedomosti, l'application par les États-Unis de leur droit du sol — qui tend à rendre nerveux les établissements financiers du monde entier — a frappé la famille d’un diplomate russe.

« Selon les lois locales, le "droit du sol" ne s’applique pas aux diplomates de manière automatique », a rappelé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, après avoir rapporté un échange pour le moins incongru entre l’un de ses diplomates et un fonctionnaire du Département d’État, ce dernier annonçant à son interlocuteur la nationalité américaine de son fils « avec toutes les conséquences que cela implique ».

« Aucun amendement n’a été apporté à la Constitution américaine », a souligné Zakharova. En effet, si son article 14 stipule que le droit du sol s’applique à toute personne née aux États-Unis et « soumise à [leur] juridiction », ce n’est pas pleinement le cas des diplomates — et de leurs familles — qui disposent de la fameuse immunité diplomatique inscrite dans le droit international par les conventions de Vienne.

« Les conventions bilatérales sur les relations diplomatiques et consulaires n’ont pas non plus fait l’objet de révisions […] la dérogation pour les enfants de diplomates étrangers est précisée pratiquement dans toutes les réglementations nationales », a poursuivi la porte-parole de la diplomatie russe.

Un « levier de pression déloyale »

« Les Américains utilisent cette pratique discriminatoire à l’encontre des employés russes depuis 2023, comme s’ils posaient délibérément une mine sous Trump pour le ridiculiser devant tout le monde », a-t-elle lancé. La diplomate russe a par ailleurs dressé un parallèle entre le fait que nombre de travailleurs immigrés aux États-Unis, « qui ont sorti le pays de l’enfer littéralement sur leurs épaules pendant la pandémie de Covid-19 », se voient refuser la nationalité américaine, alors que « les diplomates russes la reçoivent de force ».

« En même temps, les États-Unis violent systématiquement l’accord de siège conclu avec l’ONU en tant que pays hôte, en refusant de délivrer des visas aux diplomates étrangers se rendant au siège des Nations unies », a-t-elle également rappelé.

Selon Maria Zakharova, qui pointe du doigt des « intrigues en coulisses », il s’agit là d’un comportement « symptomatique », qui « caractérise sans ambiguïté les actions du Département d’État », à l’heure où Moscou et Washington tentent de diminuer leurs « points de friction » et où Donald Trump « poursuit une politique visant à mettre fin à l’octroi automatique de la nationalité aux enfants d’étrangers nés sous juridiction américaine ».

« Que se passerait-il si un enfant était enlevé sous prétexte, par exemple, de la protection de l’enfance ? », a-t-elle notamment évoqué, fustigeant un « levier de pression déloyale » sur le personnel diplomatique russe.