Russie

Jeux paralympiques 2026 : malgré les critiques européennes, la Russie officiellement de retour sous ses couleurs nationales

À l’approche des Jeux paralympiques d’hiver de Milan-Cortina, la décision d’autoriser les athlètes russes à concourir avec leur drapeau et leur hymne dépasse le simple cadre sportif. Ce retour, inédit depuis 2014, provoque des réactions contrastées en Europe, tandis que l’administration de Donald Trump affiche un soutien.

Du 6 au 15 mars, Milan et Cortina d’Ampezzo accueilleront les Jeux paralympiques d’hiver 2026. Cette édition marquera un tournant : pour la première fois depuis Sotchi 2014, les athlètes russes défileront sous leur drapeau et entendront leur hymne.

Cette décision fait suite au vote de l’Assemblée générale du Comité international paralympique (IPC), qui a levé en septembre 2025 les sanctions visant la Russie. Après plusieurs années de participation sous statut neutre, Moscou retrouve ainsi l’intégralité de ses symboles nationaux dans une grande compétition internationale.

Six sportifs russes ont obtenu des invitations officielles. En ski alpin, Alexeï Bougaïev et Varvara Vorontchikhina seront au départ. En ski de fond, Ivan Goloubkov et Anastassia Bagiyan représenteront la Russie. En para snowboard, Dmitri Fadeïev et Philipp Shebbo Monzer complètent la délégation. Le président du Comité paralympique russe, Pavel Rojkov, a confirmé ces informations.

Une contestation politique en Europe

La décision n'a pas fait l’unanimité partout. Le gouvernement italien a exprimé « son opposition absolue » à la participation des athlètes russes avec leurs symboles nationaux. Le ministre italien des Affaires étrangères a même proposé de restreindre l’octroi de visas aux accompagnateurs des athlètes russes.

Plusieurs pays ont franchi un pas supplémentaire. L’Ukraine, l’Estonie, la Lituanie, la Pologne et la République tchèque ont annoncé qu’elles boycotteraient la cérémonie d’ouverture. Les médias évoquent une « consternation » dans différentes capitales européennes, signe d’une forte désapprobation.

La Russie, de son côté, appelle à préserver la neutralité sportive. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé que le Comité international paralympique devait « résister à la pression » et « protéger les fondements du paralympisme ». L’ambassade de Russie en Italie a dénoncé des démarches « offensantes », rappelant que le sport requiert « tact et humanisme ».

Le soutien de l’administration Trump

Dans ce contexte, la position de Washington tranche nettement avec celle de plusieurs gouvernements européens. Selon un article du New York Times publié ce 20 février, Paolo Zampolli, envoyé spécial du président américain Donald Trump, a soutenu la participation russe en déclarant que « le sport est pour tous ». Les États-Unis ne figuraient d’ailleurs pas parmi les 35 pays ayant signé une déclaration condamnant la décision initiale de l’IPC.

En janvier 2026, Paolo Zampolli avait rencontré le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtiarev, en marge d’une assemblée du Conseil olympique à Tachkent. Mikhaïl Degtiarev avait alors affirmé que « le sport est un pont important entre les peuples », évoquant une « diplomatie sportive » capable de favoriser le dialogue international.

Dans ce contexte, le journal britannique The Times estime que la présence d’un porte-drapeau russe aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 « semble désormais inévitable ». Le rendez-vous de Milan apparaît ainsi comme une étape décisive dans le retour progressif de la Russie au sein du mouvement sportif mondial.