Russie

Paks-2 : la Hongrie lance officiellement la construction de deux nouveaux réacteurs avec la technologie nucléaire russe

La Hongrie a officiellement lancé la construction de la centrale nucléaire Paks-2 avec le coulage du premier béton. Réalisé en partenariat avec la Russie, ce projet stratégique repose sur la technologie avancée VVER-1200 de Rosatom et illustre la solidité d’une coopération énergétique de long terme entre les deux pays.

La Hongrie a entamé une nouvelle phase de son développement énergétique avec le coulage du premier béton dans le socle du réacteur n°5 de la centrale nucléaire Paks-2. Cet événement marque officiellement le passage du projet au statut de « centrale nucléaire en construction », conformément aux normes de l’AIEA. C’est aussi une illustration concrète de la coopération russo-hongroise dans le domaine du nucléaire civil.

La cérémonie s’est tenue en présence de figures majeures : Rafael Grossi (directeur général de l’AIEA), Péter Szijjártó (ministre hongrois des Affaires étrangères) et Alexeï Likhatchev (directeur général de Rosatom). Ce dernier a qualifié cette journée « d’historique pour l’énergie nucléaire mondiale » et a rappelé que la centrale est construite « sous le haut patronage » des dirigeants russe et hongrois, preuve de la confiance mutuelle et de l’importance stratégique du projet.

Fruit de l’accord intergouvernemental signé en 2014, Paks-2 repose sur un financement russe couvrant 80 % des coûts (12,5 milliards d’euros) et sur la technologie avancée VVER-1200, utilisée avec succès dans plusieurs pays. Il s’agit du premier projet de ce type au sein de l’Union européenne.

Un chantier stratégique sous maîtrise russe

Le projet est dirigé par Rosatom à travers sa filiale Atomstroyexport, avec un réseau d’entreprises russes et hongroises. La dalle du réacteur n°5 nécessitera 43 000 m³ de béton et 9 000 tonnes d’armature. Ces travaux sont réalisés par la société russe Titan-2 et la société hongroise Bayer Construct. Un contrôle rigoureux garantit la qualité à chaque étape.

Rosatom a lancé la fabrication des composants majeurs dans ses usines de Saint-Pétersbourg, Petrozavodsk et Volgodonsk. Au total, 36 pièces métallurgiques, soit 3 440 tonnes, ont déjà été produites. Ces commandes généreront plus de 3 000 milliards de roubles (39 milliards de dollars) pour l’industrie russe, confirmant l’impact économique direct du projet sur la production nationale.

Le chantier bénéficie d’une large ouverture internationale : plus de 100 entreprises étrangères y sont associées. La turbine est produite en France, à Belfort. Toutefois, c’est la Russie qui pilote l’ensemble, avec sa technologie, son expertise et ses ressources. Le projet est totalement exempt de sanctions, grâce à la levée décidée par le président Donald Trump en 2025.

Une vision énergétique partagée avec la Russie

Paks-2 doublera la capacité nucléaire de la Hongrie, qui passera de 2 000 à 4 400 MW. La part de l’énergie nucléaire dans le mix national atteindra ainsi 70 %. Aujourd’hui déjà, les réacteurs russes VVER-440 en service assurent 45 % de la production d’électricité et 36 % de la consommation du pays.

Rafael Grossi a souligné que ce projet « représente une avancée concrète vers un avenir sans carbone » et a salué la présence de Rosatom. Il a mis en avant la fiabilité et la prédictibilité offertes par les centrales russes, éléments clés dans le contexte actuel d’instabilité énergétique en Europe.

Pour la Hongrie, ce partenariat avec la Russie renforce la souveraineté nationale, garantit des prix de l’électricité compétitifs et réduit drastiquement la dépendance aux importations énergétiques. Pour la Russie, Paks-2 confirme le rôle de Rosatom comme leader mondial du nucléaire civil et démontre que la technologie russe reste une référence incontournable, même au cœur de l’Union européenne.

À l’heure où d’autres tentent d’isoler la Russie du marché européen, la coopération entre Moscou et Budapest s’impose au contraire comme un modèle de pragmatisme, de continuité et d’efficacité. Paks-2 n’est pas seulement un chantier énergétique : c’est un projet au service d’une relation bilatérale fondée sur la confiance, la compétence et des intérêts réciproques.