Mardi 20 janvier
Rome accusée de restreindre la présence culturelle russe
Sergueï Lavrov a affirmé que l’Italie figurait parmi les rares pays à se montrer, selon lui, « effrayés par l’art russe ». Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté que les autorités italiennes annulaient des tournées d’artistes russes, qualifiant cette politique de « lutte contre l’art », qu’il a jugée étrangère à la tradition et à la culture du peuple italien.
« La présence diplomatique russe renforcée en Afrique »
Sergueï Lavrov a annoncé que le nombre d’ambassades russes en Afrique atteindrait 49, avec l’ouverture de nouvelles représentations en Gambie, au Libéria, au Togo et aux Comores.
Le ministre russe des Affaires étrangères a également affirmé que la Russie aidait les États de l’Alliance des États du Sahel à se libérer, selon ses termes, d’une dépendance néocoloniale.
« Moscou est au-dessus des rhétoriques agressives et des attaques verbales »
Sergueï Lavrov a accusé le président Emmanuel Macron d’avoir tenu, selon lui, des propos marqués par l’impolitesse et par un manque de respect à l’égard de la Russie. Le ministre russe des Affaires étrangères a toutefois affirmé que Moscou se plaçait « au-dessus de ce type de rhétorique ».
Trait d’humour aux journalistes américains
Sur un ton ironique, Sergueï Lavrov a lancé aux journalistes américains présents : « On vous a autorisés à venir ici ? », lors de la conférence de presse consacrée au bilan de la diplomatie russe en 2025.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a prolongé l’échange sur le même registre en s’adressant à un correspondant de CNN : « Vous n’en croyez pas votre chance ? ».
« Les vestiges du colonialisme sont toujours présents »
Sergueï Lavrov a estimé que le Groenland n’était pas une « partie naturelle » du Danemark, qualifiant son rattachement d’héritage du colonialisme. Il a souligné que, selon lui, la question des territoires privés de souveraineté ou dépendants de puissances administrantes devenait de plus en plus aiguë, évoquant l’existence de 17 territoires concernés dans le monde.
Le ministre russe a cité plusieurs exemples, accusant la France de conserver Mayotte malgré des résolutions de l’ONU, et le Royaume-Uni de maintenir son contrôle sur les îles Malouines et l’archipel des Chagos. Il a également mentionné la Nouvelle-Calédonie, affirmant que Moscou soutenait une initiative à l’ONU visant à « éliminer les derniers vestiges de l’ère coloniale ».
« Peu de perspectives d’accord avec les dirigeants européens »
Sergueï Lavrov a estimé qu’il serait « probablement impossible » de parvenir à des accords avec les dirigeants européens actuels. « Ils se sont trop enfermés dans la haine à l’égard de la Russie », a ajouté le ministre russe des Affaires étrangères.
« Moscou compare l’importance stratégique de la Crimée et du Groenland »
Sergueï Lavrov a affirmé que la Crimée était, selon lui, au moins aussi importante pour la sécurité de la Russie que le Groenland ne l’est pour les États-Unis.
Le ministre russe a ajouté que les États-Unis savaient parfaitement que la Russie et la Chine n’avaient aucun projet de « prise de contrôle » du Groenland. Il a souligné que Moscou n’était pas partie prenante du dossier, tout en disant suivre la situation, ajoutant que, même dans les pays occidentaux, l’existence d’une menace russe ou chinoise sur le Groenland est contestée, faute d’éléments concrets.
« Les puissances nucléaires ne peuvent pas être imprudentes »
Sergueï Lavrov a évoqué une citation du film Le Parrain, rappelée selon lui par Marco Rubio lors d’échanges à Riyad. Le ministre russe a cité la formule selon laquelle « les femmes et les enfants peuvent être imprudents, mais pas les hommes », avant d’en tirer la conclusion que les puissances nucléaires doivent faire preuve de retenue et maintenir le dialogue.
Il a ajouté qu’il avait, pour sa part, toujours cherché à éviter toute attitude irréfléchie, insistant sur la nécessité d’échanges responsables entre États dotés de l’arme nucléaire.
« L’Islande après le Groenland »
Sergueï Lavrov a déclaré que l’Islande pourrait être la prochaine étape après le Groenland, dans l’hypothèse où les États-Unis « prendraient » le contrôle du territoire groenlandais, selon ses termes.
« Deux marins russes toujours pas libérés »
Sergueï Lavrov a déclaré que les États-Unis n’avaient pas encore appliqué la décision relative à la libération de deux marins russes retenus à bord du pétrolier Marinera.
« Le maintien du régime de Kiev jugé inacceptable »
Sergueï Lavrov a déclaré que toute proposition de résolution du conflit en Ukraine visant, selon lui, à maintenir le régime en place à Kiev était « absolument inacceptable » pour la Russie.
Le chef de la diplomatie russe a ajouté que Volodymyr Zelensky et des responsables européens tentaient d’imposer aux États-Unis l’idée d’un cessez-le-feu temporaire. Il a affirmé que Moscou ne permettrait pas un nouveau réarmement de Kiev et estimé que l’Ukraine se trouvait actuellement dans une situation « très difficile », tant sur le plan militaire que politique. Il a qualifié le pouvoir en place à Kiev de « nazi ».
« L’Ukraine au cœur des discussions européennes à Davos »
Sergueï Lavrov a déclaré que plusieurs responsables européens réunis à Davos allaient tenter d’influencer Donald Trump afin de l’amener à adopter une position plus dure sur l'Ukraine, qu’il a qualifiée de potentiellement « destructive ».
« La domination des pays occidentaux a commencé à reculer avec l’arrivée de Poutine »
Sergueï Lavrov a affirmé que l’Occident dominait la scène internationale jusqu’à l’arrivée au pouvoir du président Vladimir Poutine en 2000, le moment à partir duquel la situation a commencé à évoluer.
Selon le ministre russe des Affaires étrangères, la Russie a alors « commencé à retrouver son identité », marquant un tournant dans sa politique intérieure et extérieure.
« Moscou favorable à une reprise des vols directs avec Washington »
Sergueï Lavrov a indiqué que la Russie était favorable à la reprise des liaisons aériennes directes avec les États-Unis, précisant que Moscou soutenait un rétablissement du trafic aérien entre les deux pays.
« Washington prêt à s’attaquer aux causes du conflit ukrainien »
Sergueï Lavrov a déclaré que les États-Unis étaient, selon lui, le seul pays occidental disposé à aborder les causes profondes du conflit en Ukraine. Il a indiqué que Moscou avait reçu la charte du Conseil de paix sur Gaza et estimé que l’administration de Donald Trump faisait preuve de pragmatisme, en comprenant la nécessité de prendre en compte les intérêts des autres États.
Le ministre russe des Affaires étrangères a en revanche, jugé que l’OSCE se trouvait dans un état « catastrophique », affirmant que l’organisation était, selon ses termes, tombée « au plus bas ».
« La multipolarité est irréversible »
Sergueï Lavrov a affirmé que la multipolarité du système des relations internationales « ne disparaîtra plus et ne sera pas remplacée », estimant qu’« il faudra tôt ou tard s’entendre » dans ce cadre.
Le ministre russe des Affaires étrangères a également déclaré que tous les pays des BRICS étaient de « bons partenaires », assurant que les relations au sein de ce groupe s’étaient renforcées tout au long de l’année.
Les États-Unis accusés d’ingérence en Amérique latine
Sergueï Lavrov a déclaré que les États-Unis avaient mené, selon lui, une « invasion brutale » au Venezuela. Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté que Washington exercerait également des pressions et des menaces à l’encontre d’autres pays d’Amérique latine.
« La Russie ne renoncera pas à ses racines »
« La Russie est un pays-civilisation. Nous ne renoncerons pas à nos racines, nous honorons la mémoire de nos ancêtres », a déclaré Sergueï Lavrov. Le ministre russe des Affaires étrangères a présenté cette ligne comme l’un des fondements principaux de la politique menée par Moscou.
« Une aide fraternelle de la Corée du Nord »
Sergueï Lavrov a affirmé que la Corée du Nord avait apporté à la Russie une aide qu’il a qualifiée de « fraternelle », lors de la libération de la région de Koursk, dans le cadre d’opérations liées au conflit avec l'Ukraine.
« La création d’un État palestinien reste nécessaire »
Sergueï Lavrov a estimé que la nécessité de créer un État palestinien demeurait d’actualité, y compris dans le cadre de l’initiative de Donald Trump visant à mettre en place un « Conseil de paix ».
« L’OTAN se prépare sérieusement à un conflit avec la Russie »
Sergueï Lavrov a affirmé que l’OTAN se préparait « sérieusement » à une guerre avec la Russie, évoquant selon lui une orientation militaire de plus en plus assumée au sein de l’Alliance. Selon lui, plusieurs pays européens chercheraient parallèlement à convaincre Donald Trump de modifier sa position sur l’Ukraine.
Le chef de la diplomatie russe a ajouté que la Russie n’avait jamais manqué de bonne volonté pour tenter de régler le conflit ukrainien. Il a accusé les pays occidentaux d’avoir tenté de faire échouer les accords conclus, tout en affirmant que Moscou restait attachée à la recherche d’une solution diplomatique.
« Une ironie dans les propos allemands »
Sergueï Lavrov a relevé une contradiction dans les déclarations de Friedrich Merz, qui affirme que l’Allemagne doit « redevenir le pays le plus fort d’Europe » tout en déclarant que dialoguer avec la Russie revient à « apaiser Hitler ». Le ministre russe des Affaires étrangères a souligné l’ironie et le décalage entre ces deux positions.
« Un troisième sommet Russie-Afrique en préparation »
Sergueï Lavrov a annoncé que Moscou préparait l’organisation d’un troisième sommet Russie-Afrique. Le chef de la diplomatie russe n’a pas précisé de calendrier ni de lieu, indiquant que les modalités restaient en cours de discussion.
« Débats au Japon sur la Constitution et le nucléaire »
Sergueï Lavrov a affirmé qu’au Japon, des discussions s'étaient intensifiées autour d’une modification de la Constitution et d’un possible réexamen du statut non nucléaire du pays. Il a présenté ces débats comme un signal préoccupant dans le contexte sécuritaire régional.
« La Russie parlera uniquement sur la base de l’égalité »
Sergueï Lavrov a déclaré que si les pays occidentaux souhaitaient dialoguer entre eux « selon leurs propres règles », cela relève de leur choix. La Russie, a-t-il ajouté, entend pour sa part, s’exprimer exclusivement sur la base des principes d’égalité et de respect mutuel.
Le ministre russe a également jugé difficilement imaginable que les discussions autour du Groenland puissent remettre en cause la pérennité du bloc de l'OTAN, soulignant l’ampleur des tensions actuelles au sein du camp occidental.
« Les règles internationales ont été balayées »
Sergueï Lavrov a affirmé que « toutes les règles sur la scène mondiale ont été rayées », estimant que la logique « le plus fort a raison » prévaut désormais dans les relations internationales.
Le ministre russe a également jugé que la ligne de Donald Trump, consistant selon lui à dicter unilatéralement les règles du jeu international, constitue un « choc » pour les dirigeants européens.
« Les premières semaines de 2026 battront des records »
Sergueï Lavrov a affirmé que les premières semaines de 2026 « battront tous les records en matière d’événements marquants ». Parmi les faits qu’il juge les plus significatifs, il a cité l'attaque des États-Unis contre le Venezuela, qualifiée par le ministre russe de « grossière invasion armée ».
« L’objectif d’infliger une défaite stratégique à la Russie demeure »
Sergueï Lavrov a déclaré que l’objectif de « porter une défaite stratégique à la Russie » restait présent « dans les esprits et les plans des dirigeants européens ». Le chef de la diplomatie russe estime que cette ligne continue d'infléchir la manière d'aborder Moscou, de plusieurs capitales européennes.
Suivez la conférence en direct
La conférence de presse annuelle de Sergueï Lavrov est à suivre en direct ce 20 janvier à partir de 11h00, heure de Moscou.