Lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre le 14 janvier à Moscou avec la ministre des Relations internationales et du Commerce de la République de Namibie, Selma Ashipala-Musavyi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a donné son avis sur les actions des États-Unis à l'égard du Venezuela et leurs conséquences.
« D’autres actions qu’on observe sur la scène internationale témoignent également d’une tentative, voire d’une politique de nos collègues américains visant à démanteler tout ce système qui a été construit pendant de longues années avec leur participation directe ; là, on parle non seulement de la structure et de l’organisation des Nations unies, mais aussi des principes et des modèles de mondialisation que les États-Unis ont mis en œuvre », a-t-il déclaré, ajoutant que tout cela avait finalement « échoué ».
Lavrov a souligné que la position de la Russie sur la situation au Venezuela restait inchangée et reposait sur le respect de la souveraineté. Il a qualifié d'illégale l'opération américaine menée au Venezuela début janvier, ajoutant que les actions des États-Unis, qui ignorent toutes les normes que Washington lui-même a propagées, suggèrent que les collègues américains ne sont pas fiables. Le chef de la diplomatie russe a noté que l'Europe occidentale et d'autres alliés de Washington « tentent si timidement d'éviter de donner une évaluation fondamentale », alors que tout le monde « voit bien qu'il s'agit d'une violation flagrante du droit international ».
Le ministre a réaffirmé le soutien de Moscou à Caracas, soulignant que la Russie voyait d'un très bon œil la défense par les autorités vénézuéliennes de leurs intérêts nationaux, de leurs priorités et de leur souveraineté. Il a rappelé que la Russie et le Venezuela sont liés par une longue histoire de relations stratégiques et que Moscou reste attachée aux accords conclus précédemment entre les deux pays.
Les propos de Macron relèvent de la « diplomatie du mégaphone »
Commentant les multiples déclarations du président français Emmanuel Macron sur son intention de contacter le président russe Vladimir Poutine, Sergueï Lavrov les a qualifiées de peu sérieuses. « Tout cela est destiné à amuser la galerie, c’est de la diplomatie du microphone ou du mégaphone qui n’a jamais mené à rien de bon. Le président Poutine, quant à lui, est toujours ouvert à un dialogue sérieux », a-t-il affirmé.
À l’inverse, il a jugé sérieuses les rencontres entre Vladimir Poutine et le représentant spécial du président américain Steve Witkoff, ainsi que Jared Kushner, gendre du dirigeant américain, affirmant qu’elles étaient axées sur la résolution des causes profondes de la crise en Ukraine et la recherche d’une paix durable.
Le chef de la diplomatie russe a ajouté que Moscou ne disposait d’aucune information sur les négociations de la « coalition des volontaires » avec la participation de Volodymyr Zelensky, ni sur la déclaration qu'ils ont signée. Il a rejeté l'idée occidentale d'instaurer un cessez-le-feu en Ukraine, la qualifiant de tentative d'obtenir un délai supplémentaire pour soutenir le régime de Kiev. Lavrov a par ailleurs noté que Bruxelles était intéressée par la préparation d'une guerre contre la Russie et en parlait ouvertement.
La Russie apprécie le soutien de la Namibie sur la scène internationale
Le ministre a souligné les relations amicales entre la Russie et la Namibie, remerciant Windhoek pour son soutien aux initiatives de Moscou sur la scène internationale, notamment l’interdiction de l’apologie du nazisme, la lutte contre le néocolonialisme et la promotion d’une utilisation pacifique de l’espace.
Sergueï Lavrov a également annoncé la reprise des consultations régulières de haut niveau en matière de politique étrangère entre les deux pays. Il a accepté l’invitation à se rendre en Namibie, indiquant que Moscou serait, à son tour, heureuse d’accueillir le président namibien Netumbo Nandi-Ndaitwa en visite.