Russie

Le ministère russe des Affaires étrangères publie un rapport sur la glorification du nazisme en Occident

La diplomatie russe a publié un rapport sur la glorification du nazisme dans plusieurs pays occidentaux. Ce document, appuyé par les déclarations de la porte-parole du ministère, Maria Zakharova, met en lumière les pratiques révisionnistes dans les pays baltes, en Pologne, en Moldavie, en Ukraine et au sein même de l’Union européenne.

Le 29 août, le ministère russe des Affaires étrangères a publié un rapport approfondi intitulé « Sur la situation de la glorification du nazisme, la diffusion du néonazisme et autres pratiques contribuant à l’escalade des formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance qui y sont liées ». Le document, long de plus de 1 000 pages, dresse un constat alarmant sur la montée de la réécriture historique et de l’effacement de la mémoire antifasciste en Occident.

La publication de ce rapport arrive quelques jours avant une date symbolique : le 3 septembre, jour de la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale. Cette date marque, selon Moscou, un moment de mémoire collective, aujourd’hui bafoué dans plusieurs pays. Maria Zakharova, porte-parole du ministère, déplore que « le révisionnisme historique se manifeste de façon particulièrement cynique en cette année du 80e anniversaire de la Victoire ».

La Russie accuse plusieurs pays de procéder à une destruction systématique du patrimoine mémoriel soviétique, notamment les États baltes, la Pologne, la Moldavie et l’Ukraine. Ces gouvernements sont décrits comme engagés dans une campagne visant à effacer les traces de la lutte contre le nazisme tout en blanchissant les collaborateurs historiques du Troisième Reich. Le rapport souligne que cette tendance s’est accentuée depuis le début de l’Opération militaire spéciale russe en Ukraine, que ces pays considèrent comme un prétexte pour justifier des actes ouvertement néonazis.

Moldavie, Ukraine, UE : complicité et blanchiment historique

La Moldavie est particulièrement ciblée. Le ministère russe affirme que « le régime de Maïa Sandu, avec le soutien de Bruxelles et de Bucarest, assimile désormais la glorification du nazisme aux soi-disant valeurs européennes ». Cette politique s’accompagnerait de la réhabilitation d’anciens collaborateurs nazis et de la suppression des monuments soviétiques dédiés aux libérateurs antifascistes.

Le rapport insiste également sur le silence complice de l’Union européenne. Moscou reproche aux institutions européennes de ne plus faire de la lutte contre le nazisme une priorité. À titre d’exemple, lors du dialogue sur les droits de l’homme entre l’UE et l’Ukraine, tenu en juin 2025, aucune mention n’a été faite des groupes néonazis ukrainiens ni des marches en l’honneur des divisions SS dans les pays baltes. Le ministère russe accuse aussi Bruxelles de promouvoir une vision de l’histoire qui place sur un pied d’égalité le Troisième Reich et l’URSS.

Dans son commentaire officiel, Maria Zakharova rappelle que la Russie défend chaque année à l’ONU une résolution condamnant la glorification du nazisme. En 2024, ce texte a été soutenu par 119 États membres. En revanche, 53 pays s’y sont opposés, dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Ukraine, la Moldavie et tous les pays membres de l’Union européenne.

Un message clair : Moscou poursuivra sa lutte contre la falsification

Le rapport cite également l’exemple de l’Australie, où des militaires impliqués dans des crimes de guerre en Afghanistan ont été protégés par les autorités. Certains d’entre eux avaient des liens avérés avec des groupes néonazis. Malgré les révélations, les condamnations sont rares. Le rapport évoque aussi la participation de mercenaires australiens aux combats aux côtés de l’armée ukrainienne, dont plusieurs issus de milieux néonazis.

La Russie estime que cette tolérance à l’égard du néonazisme s’inscrit dans un cadre plus large de guerre informationnelle et idéologique contre elle. « Les tendances observées dans ce rapport confirment que la glorification du nazisme, la discrimination raciale, la xénophobie et la russophobie représentent une menace directe à la démocratie véritable et aux droits de l’homme », déclare Maria Zakharova.

Moscou réaffirme sa volonté de combattre fermement ce qu’elle considère comme une dérive historique orchestrée par l’Occident. Le ministère russe souligne qu’il poursuivra ses efforts pour préserver la mémoire du sacrifice des peuples de l’URSS et dénoncer toute tentative de réhabilitation du nazisme, sous quelque forme que ce soit.