Dans une interview à RT, Dmitri Poliansky, représentant permanent adjoint de la Fédération de Russie auprès de l’ONU, a salué ce qu’il appelle un «retour au bon sens» au Conseil de sécurité, après l’adoption d’un texte proposé par les États-Unis sur la crise en Ukraine. Cette proposition a recueilli dix voix favorables, dont celles de Moscou et de Washington, tandis que cinq membres européens se sont abstenus. Fait notable: la résolution ne contenait aucune condamnation explicite de la Russie, contrairement à une autre version défendue par Kiev et certains États de l’UE.
«Il est évident que le groupe des pays occidentaux qui soutiennent fermement l’Ukraine est beaucoup plus isolé qu’il ne l’était au début de la crise, lorsque de nombreux pays étaient désorientés et ne savaient pas exactement ce qu’ils devaient penser et faire. Aujourd’hui, tout le monde comprend ce qui se passe en réalité. Tout le monde connaît la réalité sur le terrain. Je crois qu’ils sont plus isolés : ils voulaient isoler la Russie, mais il s’avère qu’ils sont eux-mêmes de plus en plus isolés : les récents votes à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité de l’ONU en sont la preuve évidente», a-t-il souligné.
D’après le diplomate, il s’agit de la première fois depuis longtemps que le Conseil de sécurité parvient à s’exprimer d’une seule voix sur ce dossier. Un nombre croissant de pays commencent à percevoir la situation de manière plus réaliste, remettant en cause la posture de l’administration ukrainienne en place.
Dmitri Poliansky a remarqué que la nouvelle approche de Washington, liée au changement de présidence américaine, serait plus pragmatique : elle définit un cadre nouveau pour les discussions au sein des Nations Unies et met en évidence un désaccord croissant entre une ligne dite «militariste» en Europe et une ligne «réaliste» aux États-Unis. «Je pense que l’une des raisons pour lesquelles la nouvelle administration Trump a changé d'attitude à l’égard du conflit en Ukraine est qu’elle comprend la véritable situation sur le champ de bataille et les chances de l’Ukraine de faire face à cette situation pendant une période de temps raisonnable. Ils sont donc réalistes, ils comprennent qu’il faut faire quelque chose, sinon le régime de Zelensky tombera. Ils sont plus réalistes à cet égard», a-t-il noté.
Le représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l’ONU a également constaté que l’UE avait maintenu jusqu’ici une position assez rigide dans ses projets de résolution du conflit en Ukraine, et qu’elle se trouvait désormais désarçonnée par la volonté américaine de restaurer des liens avec Moscou et de rechercher une issue négociée. Il a ajouté: «J’estime également qu’il faut prêter attention aux paroles de la représentante américaine quand elle a présenté son projet de texte au Conseil de sécurité. Elle a qualifié ce projet de prospectif et nous partageons pleinement cette opinion».
Pour Dmitri Poliansky, afin de parvenir à un règlement durable, il faut s’attaquer aux causes profondes de la crise, parmi lesquelles la volonté de Kiev de rejoindre l’OTAN. En outre, la partie ukrainienne devra retirer ses troupes des territoires libérés par l’armée russe, y compris les républiques populaires de Donetsk et Lougansk, ainsi que les régions de Kherson et de Zaporojié, faute de quoi un accord durable restera hors de portée.