L'UE POUR EUX. Le rêve brisé des Ukrainiens

Des querelles politiques et une économie en déclin ont poussé des millions d’Ukrainiens à partir vers des pays de l’Union européenne. Et même malgré les difficultés, ces émigrés n’envisagent pas de rentrer chez eux…

Les querelles politiques et une économie en déclin ont poussé des millions d’Ukrainiens à immigrer dans des pays de l’Union européenne. Au cours de la seule année 2014, plus de 400 000 Ukrainiens ont obtenu des permis de travail polonais. Ils sont prêts à occuper les postes les plus serviles et les plus mal payés, car c’est de toute manière mieux que ce qu’ils pourraient obtenir chez eux. Trouver du travail, même mal rémunéré, est devenu un véritable défi en Ukraine.

Des demandeurs d’emploi désespérés sont devenus les proies d’escrocs sans scrupules qui promettent des postes bien rémunérés, en échange de frais exorbitants, pour des emplois qui se révèlent être soit du travail domestique, soit inexistants. D’autres disent que les employeurs profitent des migrants, en les faisant travailler plus dur et dans des conditions dangereuses, exigeant des journées de travail très longues et refusant parfois de verser le salaire.

Certains Ukrainiens qui ne parviennent pas à trouver de travail à temps plein, recourent à divers expédients : les uns font du commerce le long des routes, d’autres travaillent comme courrier entre les deux pays. C’est un travail épuisant et la compétition y est très rude. Ils gagnent peu d’argent, mais au moins, ils gagnent quelque chose. De nombreuses personnes âgées dont les retraites ne permettent pas  de vivre et qui n’ont pas d’autre moyen de gagner de l’argent en Ukraine traversent chaque matin la frontière polonaise, dans le vain espoir d’y trouver un travail temporaire, ou d’y vendre ce qu’ils peuvent trouver en Ukraine.

Les jeunes tentent leur chance dans des usines ou dans l’agriculture en offrant leurs services ou en effectuant des travaux de nettoyage. Nombreux sont ceux qui pensent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de continuer d’essayer, malgré les épreuves auxquelles ils font face sur leur chemin. Les chanceux qui ont réussi à obtenir un poste s’y accrochent à tout prix, même s’il faut fermer les yeux sur les risques pour leur santé que leur travail peut engendrer. Ils vivent avec d’autres employés entassés les uns sur les autres et sont prêts à travailler de longues heures. Pour un grand nombre de travailleurs migrants ukrainiens, telle est la réalité quotidienne dans l’Union Européenne, mais ils disent qu’ils n’envisagent pas de retourner chez eux.

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