«Il n’y a pas de solidarité entre les membres de l’UE sur la question des migrants»

La manifestation à Berlin du 20 juin© Hannibal Hanschke Source: Reuters
La manifestation à Berlin du 20 juin

L’Allemagne est submergée par des manifestations contre les immigrés. L’ancien chef exécutif du service consultatif pour les migrants Keith Best est certain qu’il faut chercher la racine de cette attitude hostile dans l’histoire du pays.

RT : Pensez-vous que les manifestations des groupes d’extrême droite doivent intimider les politiciens et les mouvements qui soutiennent les réfugiés ?

Keith Best : Je ne crois pas que ces actions en elles-mêmes vont les intimider car ils sont déjà fortement intimidés par l’ampleur du phénomène révélé par ce problème migratoire – avec de grandes quantités de populations venant de Syrie, mais aussi d’Afghanistan qui traversent les Balkans, ou la mer Méditerranée depuis l’Afrique du Nord. Jusqu’à présent, l’Europe [a fermé les yeux sur la question car elle] ne se sentait pas concernée selon le principe anglo-saxon «pas dans mon arrière-cour». 

Chaque nation ou Etat de l’Union européenne ne parvient pas à répondre à cette question dans un esprit de solidarité. Il y a eu quelques progrès limités, le Home Affair and Justice Council a convenu avec les membres de l’UE de reloger 22 000 Syriens qui sont hors de l’UE et 32 000 autres qui sont déjà sur le territoire de l’Union et j’ai honte de dire que mon propre pays, le Royaume-Uni, ne participe pas à cette redistribution.

Le problème est massif. La Grèce à elle seule, d’après les derniers chiffres du Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies a vu plus de 100 000 réfugiés arriver sur ses côtes durant les six premiers mois de cette année. C’est un problème crucial pour un pays dont l’économie connaît déjà de graves difficultés.

RT : En Allemagne, d’où vient ce mouvement contre les migrants ? Qu’est-ce qui a poussé les gens à sortir dans les rues ?

Keith Best : Je pense qu’il faut se plonger dans l’histoire, les traditions et les politiques migratoires de chaque pays. On ne peut pas vraiment généraliser pour toute l’Europe. L’Allemagne possède, bien sûr, un nombre significatif de travailleurs immigrés venus principalement de Turquie depuis de longues années. Beaucoup d’entre eux s’y sont établis. 

Je pense qu’il y a certaines rancœurs sur la façon dont cela à modifié le visage ethnique et religieux du pays mais il faut se rappeler qu’avant la réunification de l’Allemagne, il y avait un large mouvement néo- fasciste enraciné dans ce qui s’appelait alors la RDA [République démocratique allemande], l’Allemagne de l’Est parce qu’on n’a jamais appris à ses partisans à gérer l’héritage de la Seconde Guerre mondiale. 

Beaucoup d’entre eux s’y sont établis. Je pense qu’il y a certaines rancœurs sur la façon dont cela à modifié le visage ethnique et religieux du pays mais il faut se rappeler qu’avant la réunification de l’Allemagne, il y avait un large mouvement néo- fasciste enraciné dans ce qui s’appelait alors la RDA [République démocratique allemande], l’Allemagne de l’Est parce qu’on n’a jamais appris à ses partisans à gérer l’héritage de la Seconde Guerre mondiale. Le climat était propice au néofascisme, à une attitude hostile envers les migrants et à la xénophobie. Nous l’avons vu il y a des années quand une auberge de jeunesse vietnamienne a été brûlée et que des gens ont péri dans ce drame.

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